Le suicide au travail en 2009

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Sommaire

I. Contextualisation du problème

A. Un nouveau phénomène
B. Étude des suicides liés au travail en Basse-Normandie
C. La création d'une cellule de crise
D. Les actions de communication
E. Le Cas PSA

II. Le stress au travail

A. Les différentes matérialisations du stress
B. Le Harcèlement Moral
C. Le suicide au travail

III. Les nouvellespratiques RH pour pallier au problème du stress


A. Eléments de légalité : quelle obligation pour l’employeur ?
B. Une nouvelle vision du management des RH
C. Contrôle ou sentiment de contrôle ?
D. Encourager le coping : une stratégie efficace

IV. Bibliographie

I. Contextualisation du problème

A. Un nouveau phénomène

Le suicide au travail est un phénomène récentcliniquement nouveau (-10ans). Avant il concernait surtout le secteur agricole où se confondent lieu professionnel et privé. 300 à 400 salariés se suicideraient en France chaque année sur leur lieu de travail. La raison principale est le délitement du lien social qui autrefois permettait une certaine cohésion. Devant les jeux stratégiques et les fonctions mêmes inhérents à leurs métiers, desprofessions comme gardien de prison, policier, psychiatre, urgentiste ou pompier sont considérés comme des métiers "exposés" ou "métiers à risques".

Les difficultés décrites par les victimes sont d’ordre multiple. Sensations d’incapacité physique de poursuivre la tâche, ainsi que des difficultés d’adaptation à un nouveau rythme, à un nouvel environnement ou à de nouvelles tâches. Les changementsde process, mais surtout les restructurations ont été particulièrement mal vécues, entraînant mutations, déclassement, pertes des repères que peuvent représenter les collègues de travail, les lieux d’exercice ou encore les habitudes de travail.

« La peur de ne pas y arriver » a été fréquemment exprimée, traduisant souvent le décalage entre l’emploi et la formation, ou la mauvaise maîtrise deson organisation de travail. La crainte du licenciement et la surcharge de travail sont également mentionnées, au même titre que l’intensification ou la rigidification.

Certaines victimes exposent de manière apparente la relation entre leur acte et la vie professionnelle par une lettre ou le choix du suicide dans l'entreprise. Le plus dur pour l'entreprise reste de ne pas se murer dans lesilence, d’identifier les dysfonctionnements et éviter à tout pris un comportement de mimétisme.

B. Un exemple probant : étude des suicides liés au travail en Basse-Normandie
(Inspection médicale du travail et de la main-d’œuvre de Basse-Normandie)

Equipe:
Maryvonne Gournay: Médecin inspecteur
Françoise Lanièce, Isabelle Kryvenac: Médecins du travail

Cadre:
Sur 201 médecins dutravail ou de prévention, répertoriés dans la région au début 2002, 190 ont répondu à l’enquête:
Cette étude relève suite a une enquête auprès de 190 médecins du travail ou de prévention que :

* 135 n’ont pas eu connaissance de suicides ou de tentatives de suicide au cours des cinq dernières années.
* 55 ont répondu par l’affirmative, ayant eu connaissance de un ou plusieurs cas.

Homme |68% |
Femme | 32% |
| |
30-50 ans | 72% |
Plus de 5 ans d'ancienneté | 70% |
| |
Secteur de la santé et du social | 33% |
Secteur de l'industrie des biens intermédiaires | 70% |
| |
Plus de 200 salariés | 54% |
10-200 salariés | 31% |
| |
Travail peu qualifié | 70% |
| |
Pathologies anxio-dépressives post-TS | 33% |
TS consécutive a dégradation de maladiechronique | 4% |
Aucune maladie évoquée | 40% |
| |
TS sur ou proche du lieu de travail | 20% |
| |
TS ayant entraîné mort | 40% |
TS ayant entraîné séquelles | 15% |
| |
Pendaison | 25% |
Médicament | 50% |
| |
Entretiens préalables avec le médecin du travail | 50% |

* Gestion d'un suicide par l'entreprise

Equipe Technologia
Jean-Claude Delgenes
Docteur...
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