Le taux d'interet sans risque a t'il encore un sens aujourd'hui?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 12 (2777 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Introduction :

Depuis que j’étudie l’économie, il m’a été enseigné que l’Etat est un emprunteur qui ne fait pas défaut et que prêter à l’Etat signifie qu’on ne court aucun risque. Leurs théories de l’investissement reposent sur la liberté individuelle d’investir ou de ne pas investir. Cette liberté de la figure de l’investisseur est garantie par l’existence d’un taux d’intérêt sans risque,payé à qui prête à l’Etat. L’hypothèse d’un tel taux est pourtant assez difficile à admettre. ll faut avoir la mémoire courte pour imaginer qu’un Etat ne fait jamais défaut.
Il s’agit ici de savoir si le taux d’intérêt sans risque est toujours « sans risque » actuellement. Mais cela fait des décennies que cette question se pose. En 1986, Max Weber intervint dans le débat qui conduisit à la réformeboursière en Allemagne dans un contexte marqué par de nombreux scandales boursiers. Ses lecteurs ont en mémoire que la suspension de paiement en 1890 des rentes émises par l’Etat argentin provoqua l’illiquidité de la banque londonienne Barings Brothers, qui fut sauvée de justesse, et les investisseurs allemands perdirent alors les deux tiers de l’épargne qu’ils avaient placée dans ces emprunts.
«L’Allemagne a déjà perdu plusieurs centaines de millions à cause des emprunts argentins, et lorsqu’enfin les banques, se rendant compte que ce pays empruntait au-dessus de ses capacités, refusèrent de faire crédit plus avant, le ministère des Affaires étrangères, pour des raisons politiques, essaya de les faire changer d’avis. »
(WEBER Max, 2010 [1894-1896], La Bourse, p.90, Paris, Allia)
Outrecet exemple historique et emboîtant le pas des travaux de H. Markowitz (1952, 1959), les fondements de la finance moderne reposent sur l’hypothèse d’un taux sans risque. Aujourd’hui, il semble que les professionnels de la finance redécouvrent à leur tour qu’il est risqué de prêter à l’Etat et que cela les trouble quelque peu. Est-ce dans un siècle de transition comme le nôtre, dans un siècle quiest appelé forcément, par sa position, par sa nature, à de longues agitations, est-ce dans un pareil siècle qu’il est sage de remettre dans les mains du gouvernement, quels que soient sa forme et son représentant actuel, la fortune entière d’un si grand nombre d’hommes ?
Dans un premier temps nous aborderons les raisons d’un tel doute sur le sens d’un taux sans risque aujourd’hui, en outre nousparlerons de la crise financière qui touche l’économie mondiale depuis 2007. Puis nous discuterons des conséquences de cette dernière.

I. La crise financière de 2007 à aujourd’hui
La crise financière initiée en 2007 et encore en cours en 2011 est une crise financière marquée par une crise de liquidité ou une crise de solvabilité, et une raréfaction du crédit. Amorcée en juillet 2007, elletrouve son origine dans le dégonflement de bulles de prix (dont la bulle immobilière américaine des années 2000) et les pertes importantes des établissements financiers provoquées par la crise des subprimes.
Accentuée en septembre 2008 par une chute des cours des marchés boursiers et la faillite de plusieurs établissements financiers, elle provoque un début de crise systémique et une récessiontouchant l'ensemble de la planète. Les finances publiques ont été lourdement sollicitées pour résoudre cette crise. Le déficit public s'est creusé dans de nombreux pays, après un recul du produit intérieur brut mondial de 2,2% en 2009.

1. La théorie de l’homo economicus

L’homo economicus est une construction théorique ce qui permet d’expliquer l’échec des économistes de la déréglementation.L’homo economicus est un être parfaitement raisonnable qui sur un marché transparent, alloue ses capitaux de façon toujours optimale en fonction des prises de risque qu’il sait pertinemment consentir. Ce n’est pas un joueur. Il est dirigé par deux sentiments sinon logiques, du moins fort compréhensibles :
* la cupidité le pousse à prendre des risques pour gagner plus et plus vite ; lorsque...
tracking img