Le temps qui pase

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  • Publié le : 6 juin 2011
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Permettez-moi de commencer ce sujet par une affirmation !.
Et si l'être suprême n'était autre que le temps?
Il n'y a rien de plus indicible, ineffable, inexprimable ni de plus absolu que ce temps qui passe.
On ne peut l'envisager, ni le définir, et à la réflexion, il dépasse même la somme de toutes nos questionnements sur notre passé, notre présent et notre avenir.
Nous constatonsseulement qu'il ne cesse de s’écouler et que tout à la surface de notre planète lui est soumis ; la matière sous son effet s’use, se transforme en mutant ou en se détériorant pour disparaître à jamais. Quelle que puisse être l'unité de sa mesure, le temps a la même valeur pour tous, et s’il existe une égalité elle est bien là, et vouloir s'y soustraire reste un mirage immature.
Cela a pourtant étédepuis la nuit des temps le grand rêve de l'homme, qui a marqué d’autant sa spiritualité, l’élaboration de ses actions au travers des sciences et la génération de tous ses arts.
Même nos développements intellectuels les plus habiles et les plus élaborés restent marqués par une obsession du concept de survie de l’âme, d’immortalité et d’éternité dont la source commune reste scotchée à notre craintede la mort.

Cette finitude irrémédiable nous est insupportable, elle nous révolte et nous hante comme si une angoisse primitive demeurait rivée à nos cellules ; et que toutes nos actions tendaient à vouloir l’oblitérer en nous berçant de vaines illusions.
Que de romans, de musiques ou de graphismes restent marqués par nos démarches convulsives qui essayent de s’accrocher à de vainescertitudes, mais qui ne font que s’étioler au fur et à mesure que le temps se dérobe sous nos pieds.
Ces batailles constantes irrémédiablement perdues d’avance nous fait redouter et même haïr les affres de la vieillesse qui s’accélère en nous rapprochant dans la laideur et un affaiblissement général du mental et du physique vers notre échéance dernière, appelée quelquefois par ce si bel euphémisme dudernier voyage d’un passage à l’orient éternel.

Cependant, malgré notre conscience forcée de notre inévitable déclin, si je suis né je dois reconnaître que je dois mourir un jour, c'est l'honneur de l'être humain que de vouloir et pouvoir être dans sa durée d'existence davantage qu'un simple rouage au sein d'un mécanisme universel complexe et dont, quelque puisse être nos recherches etnotre intelligence, nous ignorerons toujours tout.

Cependant, nous avons été doté d’un vieil instinct de lutte, (peut être est-ce un sursaut d’intelligence ?) qui nous pousse à nous extraire de nous-mêmes et à consacrer une partie de notre énergie qui s’amenuise avec le temps qui passe vers autre chose qu'à l'immédiatement saisissable.
C’est là où l’homme se différencie de l’animal par la prisede conscience que notre esprit est indestructible face à la matière.
Cette conscience est et reste probablement notre lumière tant désirée et si recherchée, elle est probablement aussi cette quête de vérité qui nous précède toujours jusqu’à notre ultime représentation, une sorte d’infini insaisissable mais qui nous porte et nous soutient.

Et le meilleur moteur de cette recherche estprobablement notre travail maçonnique qui ne s’arrête jamais, simplement quelquefois suspendu pour reprendre avec force beauté et vigueur, mais qui redonne à chaque frère, et à chaque fois qu’ii a bien travaillé, une foi en l’avenir marqué par un amour du travail bien fait, parfaitement bâti de joie et d’espérance.
Notre Tradition et nos rituels cadrent nos travaux de construction de nos templesspirituels et suspendent d’autant l’usure de nos cellules par une exhalaison faite de fraternité et d’amour.
Nous oublions ainsi notre petite personne, en laissant à la porte de nos temples notre petite défroque toute plissée, étriquée et calculatrice, pour nous plonger dans le regard et dans le cœur de l’autre, multipliant ainsi à l’infini des forces d’égrégore qui suspendent l’usure de nos...
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