Le temps

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  • Publié le : 26 avril 2011
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Le temps
Chapitre 1 Le caractère irréversible du temps
1) le temps comme vecteur de la destinée
2) le temps, marque de notre impuissance
3) le thème de la fuite du temps
Chapitre 2 La réalité subjective du temps
1) l’expérience immédiate de la réalité du temps
2) la nature du temps
3) l’analyse psychologique de la temporalité
4) actualité des analyses augustiniennes
Chapitre 3La réalité objective du temps
1) La conception du temps selon la physique classique
2) Les caractéristiques de cette représentation
Chapitre 4 le temps comme forme a priori de la sensibilité
Chapitre 5 la durée bergsonienne
Chapitre 6 le temps selon la physique contemporaine
Introduction
Le temps, qu’est-ce que c’est ? Question simple, réponse un peu moins, pourquoi ?
Parce que letemps en lui-même, nul ne le voit ; on ne perçoit le temps qu’à travers les
changements que l’on observe alentour, ou sur soi-même : tout à l’heure, les arbres étaient
dénudés, et maintenant, ils sont couverts de feuilles ; tout à l’heure, tu étais un enfant, et
maintenant tu es devenu grand.
Toutes choses donc semblent être assujetties au temps, subir la morsure du temps, oui
mais :Lorsque je lève les yeux au ciel, ce que j’aperçois, ce sont des mouvements réguliers :
les astres sans cesse accomplissent une même révolution, le soleil chaque jour réapparaît dans
le ciel, la lune observe toujours les mêmes phases de croissance et de décroissance… Ces
mouvements (Pour un homme de l’Antiquité, ces mouvements sont des mouvements
circulaires uniformes, mouvements quidéterminent l’éternel retour du même. Et c’est
pourquoi Platon affirmera dans le Timée que le temps, c’est « l’image mobile de l’éternité »,
un temps circulaire uniforme donc, qui atteste de la présence du Même dans son Autre, de
l’Identique dans le Devenir), ces mouvements donc déterminent le cycle des saisons,
définissent la durée de l’année terrestre…
Conséquence : ces mouvements rendentpossibles une mesure du temps, mesure
effectuée à partir de ces instruments que sont, dans l’Antiquité, les gnomons, les cadrans
solaires, les clepsydres. Partant de là, on pourrait affirmer que l’homme exerce sur le temps
une certaine maîtrise : c’est grâce à la mesure du temps (qui passe), que l’homme peut mettre
à profit le temps, définir un emploi du temps : peut gérer son temps, leplanifier.
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Oui mais : que trouve-t-on sur ces instruments, que trouve-t-on en particulier sur les
cadrans solaires : très peu d’inscriptions sur la puissance qui serait celle de l’homme à l’égard
du temps (qui passe), sur sa capacité de mettre à profit le temps ; beaucoup d’inscriptions au
contraire sur le thème de la fuite du temps, de l’écoulement inexorable de toutes choses,
comme : «tempus fugit », ou « omnes vulnerant, ultima necat » : « toutes blessent, la dernière
tue ».
« Toutes blessent, la dernière tue » L’homme dispose d’instruments de mesure du
temps, mais, paradoxalement, c’est au temps qui passe qu’il est sensible, à l’impossibilité de
le retenir. C’est le temps qui passe et qu’il est impossible de retenir qui donne à l’homme le
sentiment del’irréversible, de l’irrémédiable, de l’inexorable : « Tout coule » disait déjà
Héraclite, « On ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. » « Tout coule », tout passe,
tout est emporté dans « le flux insaisissable de la temporalité ». Pour reprendre cette image :
on a souvent comparé le temps qui passe à l’eau d’un fleuve, et de fait, tout comme l’eau d’un
fleuve jamais ne remonte à sa source, nulne peut remonter le cours du temps.
« Tout coule », tout est emporté dans le flux insaisissable de la temporalité, et nousmêmes
qui nous baignons pour la deuxième fois dans le fleuve héraclitéen, nous ne sommes
plus les mêmes que la première fois, « Tout coule », tout roule, et nous-mêmes, nous ne
sommes que des « Rolling stones ».
« Toutes blessent, la dernière tue ». Ce que montre...
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