Le tombeau d'edgar poe

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2662 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 2 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Le Tombeau d’Edgar Poe, Stéphane Mallarmé


Alors qu’Edgar Allan Poe parlait de s’établir a Richmond pour finir ses jours dans les lieux de son enfance, il quitta New York le 4 octobre 1849 pour se rendre a Baltimore. Arrivant le 6 au soir, et se plaignant de faiblesses, il se rendit dans une quelconque taverne pour s’adonner à son vice ; l’alcoolisme. Il y aurait retrouvé d’anciens camaradesqui l'ont convié à boire. Rentrant seul, dans un état d'ivresse, il aurait erré dans les rues pendant la nuit, avant de sombrer inconscient. Plusieurs versions restent possibles quant aux circonstances mystérieuses de sa mort, néanmoins son corps « vivant encore, mais que la mort avait marqué de sa royale estampille », selon l’expression de Baudelaire, fut retrouvé le 7 au matin avant d’êtreconduit à l’hôpital où il mourut, âgé de trente-sept ans, emporté par le delirium tremens. Lorsque Poe fut enterré en 1849, au cours d'une cérémonie réduite à sa plus simple expression, il fut placé dans une tombe sans aucune inscription qui sera progressivement recouverte par les herbes et tomba en désuétude au fil des années. Face a l’oubli dans lequel l’écrivain sombrait et grâce à une souscriptioninitiée en 1865 et relayée par les élèves de l’université de Maryland, Miss Sara Sigourney Rice pris l’initiative d’ériger un nouveau monument à Baltimore pour le poète négligé. Alors les bénéfices accumulés permirent la construction d’un nouvel édifice et la célébration d’une véritable cérémonie de commémoration. Poe est alors inhumé une seconde fois le 1er octobre 1875 dans un nouvelemplacement. La nouvelle pierre tombale mentionne seulement les noms et les dates de son occupant et ne comporte aucune épitaphe. C’est ainsi que Walt Whitman, poète et humaniste américain, se souvenant des nombreux hommages littéraires rendus a Poe et des traductions par les poètes français tels que Baudelaire et Mallarmé ainsi que de sa collaboration avec le peintre Edouard Manet, il proposa a Rice deconvier Mallarmé a la rédaction d’un poème à sa mémoire. C’est ainsi qu’en 1876 le « Tombeau d’Edgar Poe » fut le seul poème français publié dans « A memorial volume ». Ce sera chacune des pierres tombales, dénuées d’épitaphe, qui suscita la sensibilité poétique de Mallarmé, qui traduit, selon lui, l'incompréhension dont Poe fut victime : exploitant ainsi le thème du poète méconnu de sescontemporains et initiant ainsi le titre du poème : « Le Tombeau d’Edgar Poe ». Mallarmé cherche à mettre en place sa poésie dans une volonté de perfection linguistique exprimant son idéal poétique face à l’épreuve trompeuse du réel. Maître du symbolisme, il attache de l’importance non tant à la chose elle-même mais à l’effet qu’elle produit et ce poème semble tout autant traduire l’imaginaire symbolisteselon une vision épique qu’un hommage à Poe. Il convient donc de se demander en quoi ce poème restreint-il la pensée et le langage et quel est le sens qu’il dégage à travers l’allégorie du « poète maudit » incarnée par Edgar Poe.

Le premier quatrain donne à présenter voir à prédire le rôle du poète de manière à atteindre, à travers l’écriture, une forme d’idéal raisonnable par opposition à laconfusion qui semble régner sur terre. En considérant l’ensemble du poème, Mallarmé paraît instaurer un contraste entre la vie et la mort, que l’on pourrait interpréter comme une délivrance et l’accomplissement de cet idéal, par le détachement funèbre à la réalité. Le terme « Lui-même » dans le premier vers semble renvoyer a Poe d’une part, mais permet aussi d’élargir à la figure du Poète demanière plus universelle. L’emploi de la majuscule peut renvoyer à une certaine personnification de l’expression. Il place le poète hors du temps, de l’espace et semble immortel. En revanche le fait que « l’éternité le change », c’est-à-dire qui permet l’accomplissement de la pensée dans sa totalité, mais la confronte en même temps à ses limites : il dévoile l’œuvre du poète, au sens large. Au...
tracking img