Le tombeau

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  • Publié le : 31 mai 2010
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I. Une forme, métaphore du tombeau réel

1. Le recueil
Un genre qui n’est pas vraiment une forme (du moins pas une forme fixe). Construit sur exemples ; jamais codifié

a. Hétérogénéité des textes (forme, longueur, langue)
• Par son hétérogénéité appelle à une structure. Rôle de l’organisateur
• Dynamique de rivalité des discours : même thèmes, mêmes motifs, mêmes images + présence depoèmes en langue étrangère (cf. tombeau de Gauthier). Peut permettre de parler d’un système de différence qui structure le recueil cf. tombeau de Gauthier que le poème de VH ouvre : inscrit l’ensemble sous le signe du romantisme.

b. Dessein de dresser une effigie poétique du défunt
Recueil renvoie au livre cf. Mallarmé
"Le pliage est, vis-à-vis de la feuille imprimée grande, un indice, quasireligieux; qui ne frappe pas autant que son tassement, en épaisseur, offrant le minuscule tombeau, certes, de l'âme".
Le tombeau écrit est donc un petit monument qui a sa réalité physique : le recueil.

2. Le poème tombeau
• De même dans un poème unique, la structure (architecture) fait sens. La poésie elle-même appelle à une composition qui peut être comparée à l’architecture du tombeau réel. Amon sens on peut voir là une des raisons qui a fait de la pratique du tombeau un genre poétique. La forme brève de la poésie est propre à enfermer, encadrer la parole.
• Structure cf. Jacques Roubaud Quelque chose de noir. Neuf sections de neuf poèmes de neuf séquences. « 9 »=temps de la gestation et achèvement (dernier chiffre) ; en même temps que signifie la mort, annonce une nouvellenaissance).
• La place particulière qu’a prise le sonnet dans le choix de forme du tombeau depuis la fin du XIXe, parle d’elle-même. Le sonnet, forme fixe par excellence est aussi une forme carrée (14 alexandrins), qui comme la tombe est propre à enfermer (la chute censée clôturer le vers peut être le symbole de la vocation du sonnet à enfermer).

II. Chanter le défunt

1. Encenser le défunt
•Encenser ses faits, ce pourquoi il état illustre
• En faire un modèle, un exemple. Ainsi le poète chante ses qualités, ses valeurs, et les actions exemplaires qu’il a pu faire durant sa vie.
• Faire rejaillir cette gloire sur son entourage, souvent les commanditaires du tombeau. Le tombeau sert alors aussi à justifier son rang par sa valeur, à mettre en avant les causes de ses actions, etc.
• Direqui il était
Présenter une image du défunt.
Travail du poète est celui d’un embaumeur qui convertirait le périssable en parfum. La myrrhe est remplacée par le rythme et ce qui était chaire n’est plus qu’image ou voix.
Le défunt est passé dans un autre monde, souvent situé dans un intermédiaire comme l’entre-deux angélique où VH situe sa fille Léopoldine.
On remarque une véritable évolutiondu rapport au mort entre la naissance du tombeau et ce que nous avons appelé sa renaissance. Cette évolution est révélatrice du lien de la forme du tombeau et de la vision de la mort à une époque donnée. Ainsi au XVIe siècle le tombeau cherche à éloigner la mort. Dominique Moncond’hui souligne que le trio que forment le poète, le défunt et le lecteur avait tendance à se répartir selon un schémaplaçant le poète et le lecteur d’un côté et le défunt de l’autre. A travers ce schéma les vivants repoussaient la mort en plaçant le défunt dans un au-delà de la vie. Au contraire, depuis Mallarmé, le poète dit sa proximité avec le défunt. Il se rapproche de la personne chantée, en laissant le lecteur de côté. L’intimité du couple poète/défunt tient le lecteur à l’écart, comme s’il ne lui permettaitplus que d’être spectateur isolé.

2. Tombeau de l’âme

• Ce genre se constitue en double, voire en concurrent de la promesse de résurrection chrétienne. Alors que le Christ promet la résurrection dans la vie éternelle, le tombeau promet une gloire éternelle, chantée par les poètes. A la manière de les traditions platoniciennes ou chrétiennes, où la mort vient séparer l’âme du corps, le...
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