Le tragique dans electre

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  • Publié le : 3 avril 2011
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La dimension tragique dans Electre

Introduction : La tragédie apparaît à Athènes au Ve siècle av. J.-C. Elle est représentée dans le cadre des fêtes de Dionysos (fin janvier et fin mars). Ce genre théâtral a évolué ensuite au cours des siècles. Il s’agit de savoir ici comment le tragique apparaît dans la pièce « Electre » écrite par le français Jean Giraudoux en 1937.

I. La relecture del’héritage grecque par Giraudoux

A. Le poids de la fatalité et la tragédie grec
La fatalité est, depuis l’Antiquité, l’expression première du tragique. Giraudoux en réutilise le ressort : par l’incessant rappel de l’hérédité qui pèse sur Electre ; par l’inquiétante présence du divin ; et par une sorte de prédestination intérieure des personnages, qui commande inexorablement leurs actes.A.1) L’hérédité d’Electre : le mythe des Atrides
Se basant sur la légende Antique, Giraudoux utilise l’hérédité d’Electre descendant des Atrides comme un des ressorts tragiques de sa pièce. Dès la première scène il fait signaler par le jardinier l’emplacement de la « chambre où Atrée, le premier roi d’Argos, tua les fils de son frère ». Cet épisode fait directement référence àl’origine de la malédiction des Atrides.
Atrée qui est l’ancêtre fondateur de cette famille a tué par jalousie, les enfants de son frère Thyeste pour les lui faire manger à table sans qu’il ne s’en doute. Horrifié, les dieux décidèrent de punir non seulement Atrée mais aussi toute sa descendance. Son fils Agamemnon sera assassiné par Clytemnestre. Elle venge ainsi son époux qui a sacrifié leur filleIphigénie pour favoriser l’expédition grecque contre Troie. Electre est donc la dernière représentante d’une race de criminels. Elle y fait directement allusion elle-même dans la pièce : la « référence au meurtre se présente si facilement dans la famille des Atrides ».

A.2) Les dieux grecs revues par Giraudoux
A.2.1) L’inquiétante présence du divin
Dans la tragédiegrecque les personnages sont totalement impuissants face aux dieux qui les manipulent. Giraudoux réutilise se schéma mais en y apportant quelques touches personnelles. Il fait intervenir les Euménides déesses associées dans l’antiquité à la vengeance. Il renforce la progression fatale de l’action au travers de la rapidité de leur croissance qui constitue la preuve tangible du destin qui grandit avecelles. Dans sa pièce Giraudoux confère également au Euménides une prescience de l’avenir qui renforce le caractère fatidique, voire inévitable du futur. Les Euménides prédisent le futur comme si la scène était jouée d’avance. Un autre personnage de la pièce, « le mendiant », possède aussi ce don de prescience un mendiant qui est peut être un Dieu déguisé. A la fin de la pièce, ce mendiantraconte le meurtre de Clytemnestre et Egisthe alors que le crime n’a pas encore été complètement perpétré. Les personnages apparaissent donc comme totalement prisonniers d’un destin fixé par avance et qu’ils sont les seuls à ignorer et au-devant duquel ils se précipitent aveuglement.

A.2.2) Une prédestination intérieure
Giraudoux renforce ces éléments extérieurs aux personnagespar l’existence d’une « prédestination intérieure ». Les personnages obéissent enfin à une logique et à une force intérieure qui rendent leur devenir inéducable. Ils sont pour ainsi dire poussés à accomplir un acte précis. Ainsi Electre qui apparaît au début comme une jeune fille  inoffensive  est programmée pour devenir « une tueuse ». Pour montrer se caractère inéluctable Giraudoux utilisel’image de la louve. Le mendiant relate comment la louve inoffensive qui avait été adoptée par la femme Narsès, est un jour devenu une grande louve dangereuse. Le mendiant généralise ensuite cette histoire aux humains : « Tout se déclare, dans la nature» puis l’applique à Electre: « Quel jour, [Electre] devint-elle louve ? Quel jour devient-elle Electre ? ».

B. Une lutte mortelle de héros...
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