Le traitre

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MAX ALLAN COLLINS

LE TRAÎTRE

D’après la série~télévisée créée
par James Cameron et Charles H. Eglee

Fleuve Noir

Titre original:
Skin Gaine

Traduit de l’américain par
Isabelle Troin

This translation published by arrangement with
The Ballantine Publishing Group,
a division of Random House, Inc.

ISBN : 2-265-07489-6

« Nous commencerons par un règne de terreur.
Quelquesmeurtres ici et là. »

Docteur Jack Griffin (Claude Rains)
L’Homme invisible (1933)

CHAPITRE PREMIER

L’1MAGEUR AVANT TOUT

Secteur Trois, 23 h 00
Mardi 2 mars 2021

La pluie martelait Seattie comme un boxeur infati-
gable. Elle avait commencé par un crachin, comme une
série de petits crochets, puis était passée à de grosses
gouttes — du genre directs et uppercuts — ponctuées parle grondement sinistre du tonnerre et la lumière bla-
farde des éclairs.
Une voiture noire s’arrêta dans une ruelle infestée de
rats du Secteur Trois. La pluie crépitait sur le toit métal-
lique comme les détonations d’une mitrailleuse. Deux
hommes en costume sombre sortirent du véhicule et
furent aussitôt trempés de la tête aux pieds. Mais ni l’un
ni l’autre ne s’en soucièrent.
ilsétaient équipés d’une oreillette radio et d’un
micro à tige flexible placé devant leur bouche.
Sage Thompson - sorti du côté du passager — se
réjouit que leurs casques soient étanches. Dans la poche
de leurs pardessus, son collègue et lui avaient fourré un
nouvel imageur thermique portable inclus dans l’équi-
pement standard depuis le début de la semaine.
L’eau coulait dans la ruelle, torrentqui finissait par

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dégouliner entre les barreaux d’une grille rouillée, dix
mètres devant eux. Thompson dut sauter par-dessus.
Quand ses pieds touchèrent le sol de l’autre côté, il
glissa et heurta trois poubelles, produisant un vacanne
qui couvrit momentanément celui de l’orage. Il battit
des bras pour retrouver son équilibre, puis palpa
anxieusement sa poche pour s’assurerque l’imageur y
était toujours et que son pistolet se trouvait bien dans
son holster de ceinture.
Cal Hankins — le grand costaud qui conduisait —
braqua le faisceau de sa lampe torche sur le visage de
son partenaire, grogna et contourna une poubelle qui
n’avait pas été vidée depuis l’linpulsion. Les deux
hommes avancèrent lentement, balayant de leurs lampes
la façade de brique qui sedressait devant eux, et s’arrê-
tèrent près de ce qui avait été autrefois une fenêtre à
meneaux.
Le bâtiment de six étages — un entrepôt abandonné,
supposa Thompson ressemblait à un trou noir près de
les engloutir.
— Tu es s~r que c’est ici ? demanda Hankins.
Sa voix ne trahissait aucune peur: la seule chose
qu’il redoutait, c’était de perdre son temps. A quarante
ans, il avait des cheveuxblonds en brosse où on distin-
guait à peine une ou deux mèches grises. Sa tête carrée
semblait reposer directement sur ses épaules. II mesu-
rait un mètre quatre-vingt-sept et, selon Thompson,
devait peser dans les cent dix kilos. Avec une petite
partie de lard.
Pourtant, leur patron — Aines White, un type totale-
ment dépourvu de scrupules et de conscience — ne ces-
sait de le harcelersur son poids. Même si Thompson
n’osait pas le dire à voix haute, il n’avait jamais bossé
pour quelqu’un de plus pénible, ce qui n’était pas peu
dire. White était malin, ça ne faisait pas de doute. Mais
il aimait engueuler ses subordonnés ou les écraser de
son ironie. Bref, il avait un caractère exécrable que
Thompson connaissait assez pour s’être persuadé de
garder la tête basse et labouche fermée.
— Certain,, dit-il. D’après le standard, l’équipe d’ima-
gerie thermique a repéré un transgémque au marché du
Secteur Quatre.
— Nous sommes dans le Secteur Trois.
— Je sais. Les gars l’ont suivi, et ils l’ont perdu ici.
Hankins secoua la tête, l’air dégoûté.
— Alors pourquoi c’est pas à eux de le retrouver?
Qui a décidé que nous devions finir le boulot de ces
connards?...
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