Le travail n'est-il qu'une contrainte

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  • Publié le : 28 avril 2010
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 Le travail s'oppose au jeu qui est une activité désintéressée; il se dinstingue de l'effort qui peut être désordonné; il se caractérise par son caractère de contrainte (on travaille par devoir et par nécessité sociale) et par sa forme d'action réglée. Toutefois, dans certains cas, le travail peut correspondre à la vocation d'un individu, à ses tendances les plus profondes (création artistique,philosophique ou scientifique): du point de vue psychologique, il ne se distingue alors plus du jeu. Bien que la notion de travail évoque d'une manière privilégiée l'action physique sur le monde (agriculture,...) ou sur une machine (travail industriel), l'effort intellectuel, la recherche théorique, l'enseignement, la direction d'une entreprise ou d'un Etat, représentent également un travail decompréhension, de synthèse, de direction. Il y a travail tant qu'il y a «responsabilité» sociale ou simplement création véritable d'un point de vue juridique; le droit du travail est le droit qui crée à l'Etat l'obligation juridique d'assurer un travail à quiconque lui en demande...
Considérons cette formule, qu'on attribue à Boris Vian : "Le travail , c'est ce qu'on ne peut pas s'arrêter de fairequand on a envie de s'arrêter de le faire." ... Est-ce seulement de l'humour ? Un amateur joue au football, quand il le désire. Il s'arrête d'y jouer dès qu'il n'en a plus envie. Un footballeur professionnel est également un joueur, mais en cette matinée glaciale de décembre, a-t-il vraiment envie de se rendre sur le terrain d'entraînement ? Le travail est donc une contrainte, même si, parfois,on peut prendre plaisir à travailler : un jour ou l'autre, le travail le plus passionnant, le plus gratifiant, peut aussi se révéler éprouvant, énervant, éreintant : ce jour là, il faut encore travailler. Et bien sûr le travail de la plupart des hommes est loin d'être passionnant, gratifiant : le travailleur ne loue-t-il pas sa force de travail, et cette force n'est-elle pas alors une simplemarchandise transformant l'homme, en quelque sorte, en objet ? travail n'est-il que peine et aliénation ? N'est-il que contrainte subie ? L'homme peut-il se réaliser sans s'en donner la peine, et la liberté exclut-elle vraiment toute contrainte ? Est-il si absurde de voir en l'activité laborieuse l'instrument d'une libération ?
Si l'on regarde de plus prés le sujet celui-ci semble nous fairecruellement souffrir... Après tout, n'est-ce pas cela, le travail : une souffrance, une vraie torture ? si l'on regarde l'étymologie latine de ce mot. Donc on nous demande pourquoi souffrir, et, pour cela, on nous demande, à notre tour, de souffrir : quelle cruauté !
Prennons l'exemple de votre situation, dériére cette copie que vous lisez, se cache un pauvre travailleur, professeur de son état, qui a dutse lever pour affronter la redoutable épreuve de la biscotte beurrée matinale avant de devoir, en catastrophe, gratter le pare-brise de sa voiture (d'occasion), s'enfoncer dans la brume à toute allure, tout en tâchant d'éviter les radars, et peut-être même slalommer dans les embouteillages, et le tout pour finalement se retrouver face à un public scolaire qui ignore tout de ces prouesses, maisaussi de Hegel et de la dialectique maîtrise-servitude, et tout cela en échange d'un salaire, inconcevable. oui, vraiment, quand on pense à toute cette peine qu'on se donne, on a bien raison de se demander pourquoi il faut travailler !
on travaille parce qu' "il faut" travailler, et "il faut" travailler parce que sans travail, on est sans le sou,Sans travail, l'individu se voit condamné à unecertaine marginalité. ce qui est probablement plus pénible encore que de devoir travailler. Le travail est donc une source de revenu : on travaille pour gagner sa vie. Un rapide sondage, par exemple dans une classe de philo, suffit à le prouver : tout le monde lève la main quand il s'agit de répondre oui à la question "qui veut un travail ?" (c'est-à-dire un emploi, rémunérateur, évidemment), mais...
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