Le travail

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  • Publié le : 4 avril 2011
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C. Dejours, Travail, usure mentale, Bayard, 1ère éd. 1980, 2000

Présentation de l’ouvrage :

Il marque le début de la psychodynamique du travail qui, à la différence de la psychopathologie du travail, s’intéresse à l’effacement des comportements libres (c’est à dire orientés vers le plaisir et les besoins) et l’apparition de comportements conditionnés.
L’étude s’appuie sur le vécu ouvrier,la parole ouvrière. Elle pose comme hypothèse que l’organisation du travail exerce sur l’homme une action spécifique dont le point d’impact est l’appareil mental. On cherche à montrer que la disciplinarisation des corps passe toujours par une neutralisation préalable de la vie mentale par l’organisation du travail. Dans cette optique le mental est étroitement imbriqué au corps : agresser l’unc’est agresser l’autre.

L’auteur :

Psychanalyste, psychiatre, et spécialisé dans la psychologie du travail.

L’étude [1]

L’idée première ou primordiale du livre réside dans la conception de la souffrance ou de l’insatisfaction au travail comme résultant d’une inadéquation entre l’organisation du travail et la personnalité, l’économie psychosomatique : désirs et besoins des individus. Acontrario, la satisfaction au travail réside dans cette adéquation. Les satisfactions contrebalancent les insatisfactions (comme chez les pilotes de chasses).
Cette confrontation est appelé « rapport homme-travail ». Quand ce rapport est bloquée, il n’y a plus aucun moyen d’ajuster ou de s’adapter l’exercice de sa tâche à ses désirs et besoins ; la souffrance est donc plus présente que jamais. Lemodèle du travail librement organisé est donc celui dans lequel la souffrance est la moins présente, la moins intense, tandis que celui de l’OST apparaît comme le plus rude (spartiate pour la personnalité).
L’organisation est donc une contrainte, nous réprimons notre désir et notre plaisir dans cette confrontation car la condition même du rapport homme-travail (de la confrontation) est la « disciplinede la faim » où la survie passe avant la santé et par le travail, modèle naissant au 19ème siècle qui perdure malgré que le « front de la santé » ait progressé.

Revenons sur les protagonistes et allons plus avant.
L’individu, il a des besoins et désirs qui quand ils sont épuisés apportent du plaisir. C’est qu’il y a simultanéité du besoin et du plaisir. Il est plaisant que nos désirs seréalisent et le premier de nos désirs est que nos besoins soient remplis. L’économie psychosomatique globale doit être entendue comme un économie c’est à dire une distribution équilibrée, pondérée, de satisfaction de différentes natures : moteur, psychosensoriel, physique, intellectuel, affectif, auxquels il faut ajouter les désirs qui peuvent apporter des satisfactions symbolique, sublimatoire. Chaqueindividu qui remplira ses besoins dans son activité, gagnera cet équilibre et sera satisfait.

C’est cette équilibre qu’entrave l’organisation du travail. Elle ne répond que rarement aux besoins et désirs des travailleurs surtout si elle est dépersonnalisante, si elle uniformise ou standardise les tâches : de la naît la souffrance.
Satisfaction et insatisfaction naissent de la confrontation dela personnalité au contenu significatif de la tâche d’une part et du mode opératoire prescrit de l’autre.
- Le contenu significatif de la tâche est une donnée subjective pour une grande part, ici l’insatisfaction sera symbolique et aura le mental comme point d’impact. Toute tâche à une signification par rapport au sujet (à un métier, à un statut) et à l’objet (la production a une fonctionsociale, économique et politique, sans oublier la rémunération)
- Le mode opératoire prescrit réprime les besoins, l’insatisfaction n’est plus symbolique mais économique, son impact est le corps. Le mode opératoire est l’équivalent des conditions de travail qui sont des contraintes physique, chimique, biologique mais qui peuvent engendrer des souffrances mentales (via la peur). L’organisation du...
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