Le travail

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  • Publié le : 24 mai 2010
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Le fait que le travail soit vécu comme un malheur, une véritable fatalité, montre assez le caractère nécessaire du travail. Est nécessaire ce qui ne peut nepas être : le travail est la plus directe des nécessités puisque sans lui la vie ou la survie n'est plus assurée.


C'est le protestantisme quiréhabilitera le travail : la marque de la fatalité qui pèse sur l'être humain est aussi le moyen d'y échapper. En effet, le travail n’est cependant pas toujours aliénéet exploité. Il peut également, comme nous l’avons vu pour l’artisan, être positif et formateur. C’est ainsi que même dans une situation d’aliénation etd’exploitation, le travailleur peut ressentir le pouvoir libérateur du travail, comme l’a montré Hegel.
Dans sa Phénoménologie de l'Esprit, Hegel montre l'esclave selibérant de sa servitude grâce à ce qui constitue sa servitude même : travailler, c'est prendre du recul par rapport à son corps, à sa jouissance immédiate.C'est aussi donner de soi une forme objective reconnaissable par autrui. En effet, le maître, après la lutte à mort et la domination sur l’esclave, se contentede jouir passivement des choses, d’user des fruits du travail de celui-ci. Ainsi s’enfonce-t-il dans une jouissance passive, alors que l’esclave extériorise saconscience et ses projets dans le monde. Aussi acquiert-il, progressivement, son autonomie. Être un maître sans travailler représente, par conséquent, uneimpasse, alors que le travail dans lequel la conscience s’objective est la voie de la libération humaine. L’esclave forme les choses et se transforme lui-même.
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