Le vieillissement

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|Problèmes politiques et sociaux (revue |N° 903 | |
|PPS au CDI) | | |
|Problèmes économiques (revue au CDI) |N° 2855, 2840,2827,2823, 2656-57 |Dans l’ordre : juillet 2004, janvier |
|| |2004, octobre 2003, septembre 2003, mars|
| | |2000 |
|Cahiers Français (revue au CDI) |novembre |2003 |
|Revue des SES, IDEES(revue au CDI) |N° 157 |Septembre 2009 |

Articles pris dans Alter éco

Faut-il craindre le vieillissement ?

par Sandra Moatti
Le vieillissement de la population devrait avoir un impact limité sur la croissance. Sa gestion pose en revanche des problèmes de répartition des richesses.
"Le vieillissement a touché plusieurspopulations dans l'histoire: la Grèce, Rome et Venise en sont les exemples les plus fameux. A chaque fois, ce fut la mort de la société en question." Cette réflexion de l'économiste et démographe Alfred Sauvy continue de marquer les esprits: le vieillissement est irrésistiblement associé au déclin, voire à la disparition. Pourtant, le vieillissement des sociétés est un phénomène normal qui accompagne latransition démographique. Les conséquences funestes qu'on lui prête relèvent bien souvent du fantasme. Sa gestion soulève cependant de redoutables problèmes de répartition. 

Viellissement par le haut

 
Qu'est-ce que le vieillissement? Ce phénomène d'apparence simple - l'augmentation de l'âge moyen de la population - résulte en réalité de causalités multiples. La première correspond à labaisse séculaire de la natalité, parfois appelée vieillissement par le bas de la pyramide des âges. En France, la baisse de la fécondité a débuté dès la fin du XVIIe siècle, ce qui a entraîné jusqu'au milieu du XXe siècle une croissance démographique moins rapide que celle de ses principaux voisins. Aujourd'hui, en revanche, il naît proportionnellement plus d'enfants dans l'Hexagone que dans le restede l'Europe. Avec 831 000 naissances en 2006 et un indice conjoncturel de fécondité de deux enfants par femme, la France assure pratiquement le renouvellement des générations.
Plus décisif désormais est le vieillissement par le haut de la pyramide: on vit de plus en plus longtemps. Depuis 1950, l'espérance de vie à la naissance a gagné en France près de 14 ans pour les hommes, chez qui elleatteint 77,2 ans, et près de 15 ans pour les femmes, pour qui elle s'élève à 84,1 ans. Autant d'années de vie gagnées sur la mort. Et de vie en bonne santé le plus souvent, car l'espérance de vie sans incapacité progresse au même rythme. Alors qu'hier, on était vieux à 50 ans, aujourd'hui, on entre dans l'âge des seniors avec a priori vingt à vingt-cinq années devant soi sans handicap majeur.
A cesdeux évolutions structurelles - baisse de la natalité et de la mortalité -, se superpose un troisième phénomène, transitoire, mais décisif dans la période actuelle: l'arrivée des générations du baby-boom à l'âge de la retraite. De 1946 à 1972, on a enregistré plus de 840 000 naissances par an, contre 711 000 dans les années 30, et 760 000 en moyenne depuis 1973. D'où une "onde de choc" démographiquequi a traversé les différents âges de la vie. Après avoir garni les bancs des écoles dans les années 50 à 70, puis gonflé les rangs des actifs, elle fournit à partir de maintenant, et pour une trentaine d'années environ, de gros bataillons de retraités, cumulant ses effets avec ceux du recul de la mortalité. 

Pas d'appauvrissement

 
Résultat: alors qu'un Français sur six avait plus de 60...