Le vin du solitaire

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  • Publié le : 12 juin 2011
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ANALYSE DU POEME : LE VIN DU SOLITAIRE DE CHARLES BAUDELAIRE

A. PRESENTATION
Le poème que nous vous présentons s’intitule LE VIN DU SOLITAIRE. Ecrit par Charles Baudelaire, il fait partie du recueil LES FLEURS DU MAL, et se situe dans le 3ème chapitre intitulé LE VIN, dont il constitue le 4ème poème. Il a pour thème le vin, considéré par le poète comme un moyen d’évasion et d’inspirationcréatrice.

L’hypothèse de sens global est la suivante : à la recherche de forces créatrices, le poète a essayé différents moyens d’exciter ses sens, mais c’est par le vin qu’il parvient ici à s’élever, s’évader et créer.

Les axes de lecture que nous avons déterminés sont :
-le regard de la femme galante
-les plaisirs excitants, fugaces ou douloureux
-le vin qui transforme.

B. ANALYSE1. Le regard de la femme galante.
Ce regard revêt une signification importante puisqu’il est abordé en premier et qu’il occupe tout un quatrain. On peut relever dans cette strophe le champ sémantique de la femme baudelairienne sous trois aspects :
-le regard lui-même (regard singulier, v. 1)
-la lune (le rayon blanc, v.2 ; la lune onduleuse, v. 3)
-l’eau (lac tremblant, v.3)
La comparaisondu regard avec le rayon de lune qui se reflète dans le lac associe intimement ces trois éléments que le poète identifie à la beauté. De plus, elle met en relation la femme et la lune, que Baudelaire a par ailleurs mentionnée dans LES BIENFAITS DE LA LUNE.
La personnification de la lune renforce le pouvoir de ce regard-rayon blanc.
On relève l’allitération en « l » jusqu’au vers 8, consonneliquide qui accentue dans cette strophe l’idée d’eau liée aux yeux féminins, dans lesquels le poète peut boire ou se plonger. Cet élément liquide symbolise la féminité, la fécondité et la création.
Je cite ici « À une passante » :
Moi je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan
Enfin on note que les quatre rimes embrassées dupremier quatrain contiennent la même sonorité nasale « an » : cette répétition, associée aux trois subordonnées introduites par que, qui, et quand, deux relatives et une circonstancielle de temps, apportent longueur, lenteur, langueur, profondeur et puissance à ce regard.

2. Les plaisirs excitants, fugaces ou douloureux.

Dans le deuxième quatrain, le poète énumère trois plaisirs qui lui sontchers : le jeu, l’amour libertin et la musique.
Le jeu, décrit au vers 5, a déjà fait l’objet d’un poème (le poème 96), où Baudelaire mentionne son attirance pour l’excitation qu’il procure. Ici, il s’agit du moment le plus exaltant puisque le dernier sac d’écus est mis en jeu. L’effet excitant est souligné par l’allitération en « d », rythmant de façon saccadée comme un coeur qui tape, et créantune rupture avec la langueur du quatrain précédent.
Le baiser libertin au vers 6 évoque un plaisir fugace qui, tout comme le jeu, fait partie des plaisirs que la société condamne mais qui aident le poète à s’évader.
Puis sont décrits les sons d’une musique au vers 7-8. En se référant au poème 69 intitulé » La Musique », nous savons que celle-ci excite les émotions et la souffrance du poète.Je cite :
«  Je sens vibrer en moi toutes les passions d’un vaisseau qui souffre. »
Cette musique rend languissant et berce, ce que traduisent les deux qualificatifs énervante et câline. Elle est perçue sous forme de sons, ce qui la rend distante tout comme le cri lointain auquel elle est comparée. Cette comparaison rapproche musique et douleur et évoque le lien entre souffrance etcréation.

3. Le vin qui transforme.
Le vin, titre du poème, n’apparaît qu’à la troisième strophe. Le mot lui-même n’est pas prononcé. Cependant, il est mentionné à travers la personnification de la bouteille, qui est renforcée par le tutoiement qu’utilise le poète. Cette apparition tardive du vin crée un effet d’attente amplifié par les rimes embrassées des quatrains, un effet de contraste par...
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