"Le voyageur" de guillaume apollinaire

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1209 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 25 août 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
« Le voyageur », plan de commentaire.

Intro :
Titre qui a un écho autobiographique par rapport à la personnalité cosmopolite du poète, élevé en Italie et en France, en Suisse, qui a voyagé en Allemagne et en Angleterre : personnage qui lui sert de double , dans lequel il peut se projeter.
Si le thème général est le voyage, le poème paraît pourtant très hétérogène, des éléments disparates s’ycôtoient, en vertu du souhait d’Apollinaire de coller au plus près au monde moderne qui abolit les distances ; même constat en ce qui concerne la forme : vers libres / quatrains versifiés ; cependant des reprises assurent une unité : leitmotive « te souviens-tu » et structure en boucle.
Fernand Fleuret, à qui ce texte est dédié, le définit comme une des « chansons farcies », des « complaintespopulaires » qu’Apollinaire et lui se plaisaient à composer.

Comment le poète suggère-t-il l’idée du voyage et quelle est sa symbolique ?
En quoi le voyage constitue-t-il une inspiration pour l’écriture poétique d’Apollinaire ?

I. Le voyage : un perpétuel changement.

1. le mouvement

- lié au voyage :
• Lieux différents : « auberge triste auprès de Luxembourg » v. 11-12 ; pluriels« les villes » , « paysages » ; changement des moyens de transports : « paquebot », « gares » ;
• superposition des plans qui évoquent le déplacement grâce aux cadre spatio-temporel changeant : « une nuit » v. 8, « un soir » v. 11, « cette nuit » v. 33 = moments disparates réunis dans le même poème ;
• mvt° qui contamine le paysage : verbes de mvt : « descendre », v. 3, « traversâmes » v.19, « tournaient » v. 19, « régiment », « cavalerie » v. 28 et 29 = instabilité
- éléments symboliques :
• L’Euripe est un bras de mer qui sépare l’Eubée de l’Attique et où le courant change jusqu’à 14 fois de sens en 24 heures…
• « matelots » : personnage en perpétuel mvt, qui ne peut s’installer nulle part, figure de l’errance, sans attaches ;
• le « nuage » = forme illusoireet transitoire
• le jeu : « l’on jouait aux cartes »

2. l’incertitude

- énonciation :
• « tu » : femme aimée ? Annie qui émigre aux USA ? « et toi tu m’avais oublié » v. 16 ; ou « tu » universel v. 31 pouvant concerner n’importe qui = implication du lecteur
• « nous » / « on » : qui accompagne le poète ?
• « vous » 
- imprécision :
• dans la désignation : «quelqu’un », « un autre », « deux matelots », des « femmes sombres », « tous les regards de tous les yeux », « les ombres » = horizon brouillé
• dans la qualification : ainsi les adjectifs ne cernent-ils pas le substantif auquel ils s’appliquent ; exemple « femmes sombres » : tristes ? liées à la nuit ? prostituées ? noires de peau ? voilées par l’obscurité du souvenir ? – ou « auberge triste » ainsiqualifiée par hypallage, tout comme « troupeau plaintif des paysages »
= la mélancolie du poète est projetée sur les êtres et les lieux qu’il croise ;

.
II. Souffrance.

1. La quête de l’autre : un appel pathétique.

- perte de l’être cher
• « toi tu m’avais oublié » = proximité du jeu des cartes : évocation du hasard mais aussi des gains et des pertes ; allusionmalicieuse au dicton : malheureux au jeu, heureux en amour ?
• la scène des matelots dans le tercet : les 2 premiers vers créent un couple indéfectible grâce au parallélisme, couple mystérieux uni par une force qui semble surhumaine ; mais le dernier vers (le troisième !) vient rompre cette harmonie ; tragique de la mort + « tomba sur le côté » = éloignement

- volonté de créer une proximité,un lien
• leitmotiv obsédant : « te souviens-tu » qui structure tout le poème, forme interrogative mise en évidence par l’inversion Sujet / Verbe et notamment par la « reprise = volonté de laisser une empreinte dans la mémoire de l’autre, faire revivre un désir perdu
• apostrophes qui débutent par l’exclamation lyrique « ô » associée à l’invocation des compagnons mystérieux  = qui...
tracking img