Lecture analytique de la mort de louisette l'enfant de vallès

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  • Publié le : 17 mai 2010
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Lecture analytique de « la mort de Louisette », extrait de L’Enfant, de Vallès.


L’Enfant de Jules Vallès, écrit en 1879, est un roman autobiographique. Sous le pseudonyme de Jacques Vingtras, il aborde son enfance, composée de larmes, de hontes, de coups mais aussi de joies. L’intérêt du roman est de parler au nom de nombreux autres enfants, qui comme l’auteur auront souffert durant leurenfance.
En effet, L’Enfant est l’histoire d’un héros victime du monde qui l’entoure mais le livre évoque également d’autres personnages importants comme la petite Louisette au chapitre 19. Fille d’un ami de la famille, elle meurt à dix ans des mauvais traitements infligés par son père M. Bergougnard. Dans cet extrait, nous constatons les sentiments violents que cette mort fait naître chezJacques.
En quoi cet épisode constitue-t-il une étape importante dans la construction de la personnalité du héros ?
Nous montrerons que c’est un passage pathétique et tragique. Puis nous verrons qu’il est à l’origine de la révolte et du sentiment d’injustice du narrateur.

Premièrement, de ce passage se dégage une atmosphère pathétique et tragique.
Tout d’abord, ce récit, par la forteimpression d’injustice qu’il éveille, relève du registre pathétique. Il suscite chez le lecteur une réaction de peine lorsque l’on apprend que la petite Louisette meurt sous les coups : « elle mourut à dix ans, de douleur, vous dis-je ! » (l.15-16). Des sentiments d’injustice, d’effroi et de pitié nous envahissent, ce qui est mis en abyme par les réactions de Jacques qui pleure et est impuissant face àcette mort : « mon chagrin » (l.18). On a le champ lexical de la tristesse : « chagrin », « pleurerais », « mes yeux s’emplissent d’eau ». La ponctuation expressive montre aussi que le narrateur est en train de réagir, de se poser des questions et de trouver des réponses. Les points d’exclamation, d’interrogation et de suspension sont nombreux et nous prouvent que l’esprit du narrateur est chamboulé: « assassins ! ». Jacques est d’autant plus touché qu’il s’identifie à Louisette - «comme moi » (l.28) – et commence à mesurer l’ampleur que peut prendre le combat contre la violence.
Ainsi, cette bataille perdue d’avance est marquée par une ambiance tragique. C’est d’abord la notion de « destin » qui apparaît, typique du tragique : « elle savait que toute petite encore elle allait mourir »(l.13). Jacques, comme un héros tragique, se sent impuissant et vide, empêché d’agir pour mettre fin à cette horrible fatalité. Par ailleurs, la mort est bien présente avec son champ lexical : « l’enfant morte » (l.12). La scène présente aussi un retournement de situation avec un passage du bonheur au malheur : « toute gaie » (l.6), « une grimace » (l.10). D’ailleurs, Jacques se réfugie dans « uncabinet noir » (l.61), lieu tragique symbolique où il va cacher sa peine. A la fin du passage, Jacques est réellement « hanté » par la petite morte comme si elle lui reprochait de n’avoir rien fait, ce qui est aussi une thématique tragique.
Enfin, la narration est construite tout entière dans le but de mettre en relief ces registres pathétique et tragique. Les phrases sont courtes, le texte estcoupé d’alinéas qui constituent des pauses dans le récit : « Je ne dis rien » (l.14). L’abondance de blancs typographiques accentue l’effet de bouleversement du narrateur. Le texte prend ainsi une solennité tragique. On entre également dans les pensées de Jacques par le recours au monologue intérieur ce qui souligne son émotion : « voilà que mes yeux s’emplissent d’eau » (l.24). Le présent denarration utilisé à plusieurs reprises a également pour fonction de nous introduire au plus près des émotions du texte.
Ainsi, la mort de Louisette est racontée pour faire en même temps peur et pitié au lecteur qui ne peut être que touché par le sort réservé à la petite. Mais ce texte constitue aussi un tournant dans le roman : les émotions du jeune garçon sont si violentes qu’elles l’amènent à une...
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