Lecture analytique : " si tu t'imagines " queneau

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  • Publié le : 19 octobre 2009
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Lecture analytique

Si tu t’imagines, Queneau

Présentation du texte

Queneau est un poète français de la 1ère moitié de XXe siècle. Il a d’abord appartenu au mouvement surréaliste puis au mouvement de l’ « Oulipo » qui lui a succédé.
« Si tu t’imagines » appartient au 3e recueil de poésie de Ronsard et est publié en 1952. A sa sortie, le poème passe inaperçu dans ce recueil jusqu’à cequ’il soit rendu célèbre par la voix de Julie Gréco qui le chante quelques années plus tard. Ici, Queneau s’inspire de l’un de ses prédécesseurs, Ronsard, pour retraiter du même thème, celui du Corpe Diem qui signifie « cueille le jour ». Cependant, cette réécriture de Queneau est caractérisée par un humour féroce et un niveau de langue qui se veut volontairement familier, populaire et propre àtoucher beaucoup de monde.

Les questions qui se posent alors à nous sont les suivantes : « Comment se manifeste l’hommage à Ronsard ?» et « Qu’est-ce qui fait l’originalité de ce texte ? »

I) L’hommage à Ronsard

1) Les sources d’inspiration de Queneau

Ce poème de Queneau s’inspire de la très célèbre « Ode à Cassandre » de Ronsard.
On retrouve tout d’abord une ressemblance au niveau del’interpellation de la destinataire : « mignonne » chez Ronsard qui devient « fillette » chez Queneau. Cette interpellation chez les deux poètes est répétitive. De plus, Queneau reprend l’adjectif ‘mignon’ au vers 17 avec « tes mignons biceps » pour caractériser la jeune fille.
On remarque, de plus, la reprise du teint de rose puisque Ronsard, déjà dans son poème au vers 5 évoquait le teint de la roseet que l’on retrouve chez Queneau au vers 15 (« ton teint de rose »). On retrouve également la reprise de « soleil » au vers 3 chez Ronsard et au vers 29 chez Queneau. La reprise de l’impératif à valeur injonctive est répétée chez les deux poètes au moins deux fois (« cueillez cueillez votre jeunesse » chez Ronsard et « cueille les pétales de la vie » chez Queneau)
Queneau reprend aussi lamétaphore de la personnification de la rose utilisée chez Ronsard pour mettre en évidence que la jeunesse est éphémère.
Chez les deux poètes également, la raison du flétrissement de la beauté est la fuite du temps. Queneau reprend également l’incitation à profiter du moment présent. Il affiche la volonté de pasticher le poème de Ronsard, mais, en même temps, il va vouloir s’en démarquer.

2)L’originalité du texte de Queneau

On remarque tout d’abord une différence formelle entre Queneau et son modèle puisque Ronsard compose une ode c'est-à-dire 3 sizains avec des vers de 8 syllabes avec un schéma de rimes classique : suivies ou embrassées. En revanche, le poème de Queneau est composé d’une seule longue strophe, avec des vers beaucoup plus courts : des pentasyllabes, c'est-à-dire des versimpaires. Le poème de Queneau est aussi beaucoup plus dynamique, rapide, léger et constant. Ses répétitions reviennent comme une insistance obsédante tel une boite à musique et interviennent sur la fille plus facilement puisqu’il s’agit d’adresser une leçon de moral, une mise en garde.
De plus, certaines répétitions créent une sorte de bégaiement par fragmentation de l’énoncé. Ainsi, Queneau vatuer tout le lyrisme amoureux que l’on trouvait chez son modèle et va abandonne aussi la langue soutenue que l’on trouvait chez Ronsard pour un niveau de langue beaucoup plus familier et des contradictions comme « xa va » au vers 22. Il y a aussi l’élision de la négation comme au vers 33 « tu vois pas ». à Il y a donc une volonté de reproduire la langue orale.
Enfin, Queneau choisit de donner uneimage beaucoup plus réaliste et beaucoup plus violente du vieillissement physique en juxtaposant dans le début du texte les éléments de la jeunesse et enfin en fin de texte tous les éléments propres à un vieillissement précoce.
ð Bien qu’il puise un même thème d’inspiration que chez Ronsard, Queneau cherche vraiment à se démarquer par un jeu verbal assez cru.

II) Les traces du temps et...
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