Lecture analytique une charogne baudelaire

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  • Publié le : 13 juin 2011
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SEQUENCE 1 : Séance 4 : L.A n° 1 « Une charogne », Les Fleurs du Mal, Baudelaire, 1857.
Le memento mori dans la poésie

A) Présentation du texte

• Charles Baudelaire (1821-1867) : poète romantique, sa poésie est caractérisée par son désir de dire le laid et le monde moderne : c’est un poète de la modernité. Il rompt avec les codes de l’esthétisme classique. Auteur d’entre autres Petitspoèmes en prose (1864), Salons (critique d’art), du vin et du haschich (essai, 1851).

• « Une charogne » : extrait du recueil Les Fleurs du Mal, section Spleen et Idéal. (Spleen = mélancolie, désespoir, angoisse et peur de la mort, dégoût généralisé de la vie / Idéal = état de plénitude, ailleurs spirituel, ce vers quoi le poète tend : l’Infini, la Beauté). Volonté de dire le laid (la charogne)mais de l’élever. Rôle du poète de sublimer la réalité.

B) Etude du texte

Le recueil Les Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire, est publié en 1857. Le poète subit un procès pour outrage aux bonnes règles de la morale et de la pudeur, et certaines pièces sont censurées. Le recueil choque, car B. rompt avec les codes de l’esthétique classique, et il ose s’attaquer à des motifs peuconventionnels, comme celui de cette charogne décrite dans le poème étudié ici. XXIXe poème de la première section du recueil, intitulée « Spleen et Idéal », il reflète bien cette double tendance du poète à se diriger à la fois vers la fascination mélancolique pour le mal et le laid (le « spleen ») et à tenter de s’élever plus haut vers une Beauté transcendante, « idéale ». Et en effet, ladescription de la charogne est, certes, horrible, mais elle invite également le lecteur à réfléchir sur les fonctions de l’art. Comment le poète nous invite t-il à mener cette réflexion ?* Nous verrons d’abord qu’il fait un peinture macabre de cette charogne, pour susciter une vive réaction chez le lecteur, au moyen également d’un jeu d’oppositions. Enfin nous analyserons les enjeux de cette description,articulés autour des thèmes du memento mori et du pouvoir de sublimation de la poésie.

*Problématique type, non officielle. Possibilité d’être changée (adapter un peu l’intro).

I) Une description macabre

1. Une description au réalisme repoussant

• Registre réaliste

• Appel aux sens du lecteur, la réalité décrite devient plus perceptible, on sent/voit/entendgrâce aux mots, elle est plus matérialisée : « puanteur si forte » (v.15), « plein d’exhalaisons » (v.8) => notation olfactive. « les mouches bourdonnaient » (v.17) => ouïe. « ventre putride » (v.17), « larves coulaient » (v.19) => vision. Provoque le dégoût : v16 « évanouir » (conséquence directe).

• Champ lexical de la mort, la décomposition : « carcasse », « charogne », « putride »,« pourriture », « squelette »… Langage trivial, prosaïque.

• Réalité de la faune : « mouches », « larves », « vermines » => réalité commune donc dégoût donc réalisme repoussant

2. La violence du spectacle de la charogne

• Champ de bataille sur le cadavre : « noirs bataillons » (v.18) = connotation guerrière, image d’amplification par le pluriel.

• Rejet de « de larves »(v.19) donc mise en valeur du mot. Le Rejet suivi d’un enjambement = effet d’amplification = le nombre, la profusion.

• « Epais liquide » (v.19) = adjectif d’intensité

• Pluriels : « larves » (v.19), « mouches » (v.17), « se multipliant » (v.24). = intensité, profusion

• Registre épique ponctuel qui révèle l’attaque que subit la charogne, ici, thème de la dévoration : « lemorceau qu’elle avait lâché » (v.36) + comparaison avec la force de la nature « vague » (v.21), « vent » (v.26)

• Humour noir v.9 à 11 : « afin de la cuire à point »

Intrusion du laid en poésie, d’un réalisme sordide et inhabituel, trivial. En cela, ce poème est très moderne car il rompt avec les canons classiques de l’esthétique de l’époque. Volonté de choquer, d’autant plus que la...
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