Lecture analytique verlaine ariette lll

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  • Publié le : 6 mai 2010
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Lecture analytique n° 2 : « Ariette IIII »

( Comment cette ariette exprime-t-elle le questionnement du poète sur lui-même ?

I. L’expresion d’un mal-être.

A. L’analogie entre intériorité et extériorité.
1) Néologisme « il pleure » // « il pleut » ( renouvellement du cliché larmes = pluie + façon de contourner l’inexprimable.
2) Mise en parallèle d’un espace intérieuret extérieur « mon cœur » / « ville » renforcée par le verbe « pénètre » = intrusion.
3) V. 3 et 4 reliant douceur de la pluie (cf épigraphe) et langueur = correspondance entre état d’âme (int.) et météo (ext.) Même chose pour la strophe 2 : ext. (v 5, 6) / int. v 7 : ext. v 8 + 9 (strophe III)
4) Rupture à partir du vers 10 : poème prenant ses distances avec le thème de la pluie etde la ville = concentration sur le seul espace intérieur. Intériorisation des choses du dehors (ruban de Möbius)
( L’analogie pluie–larmes ne semble plus permettre de dire cet état d’âme submergé par une tristesse absolue.

B. Un poème marqué par l’indétermination.
1) « Il pleure » le « il » fait du verbe personnel un impersonnel = « il » ne renvoie pas à un sujet = néant (cfpréposition privative « sans »)
2) Les questions ne trouvent qu’un étonnement face à ce mal-être (strophes 3 et 4) que le poète cherche à préciser (« langueur » « un cœur qui s’ennuie » « qui s’écoeure », « deuil » « peine ») sans pouvoir en déterminer la cause. + questions (strophes I , II) / exclamations (strophes III, IV). ( le passage constant de l’interrogation à l’exclamation met enévidence la pensée du poète qui se heurte à un double vide que rien ne peut combler. + 2nde formule interrogative « nulle trahison ? » elliptique ce que souligne l’exclamation qui la précède « quoi !» : le poète ne semble décidément pas savoir que penser.

(Il ne reste donc que l’ imprécision d’une mélancolie indéfinie // spleen baudelairien.

C. La tension entre personnel et impersonnel.1) Oscillation, voire sorte de dédoublement entre l’impersonnel et le personnel dés le vers 1 : « il pleure » / « mon cœur ».
Se poursuit dans l’ensemble du poème : passage de « mon » à art. indéfini « un cœur » cô si c’était un élément nouveau = renvoie ce qui est personnel à l’arrière plan.
2) Même tension entre personnel et impersonnel au vers 5 : adjectif « doux »impliquant une sensibilité, la présence d’un récepteur implicite. L’absence d’article + l’exclamation « ô » donnent un effet d’immédiateté de la sensation, de plus, l’invocation renvoie au moment de l’énonciation alors que le vers 8 , avec l’art. défini + absence de verbe = donne une valeur plus générale au discours, le coupant du moment de l’énonciation.
3) Cette mise à distance du personnel estencore accentuée au vers10 avec le démonstratif « ce cœur » : sorte de mépris pour le cœur mis à distance, perçu comme un objet extérieur ( le moi semble oublié. Processus de distanciation s’accompagnant d’un désaveu du cœur par lui-même « qui s’écoeure »=une expulsion de soi par soi.
4) La strophe 4 = synthèse de cette tension avec l’assertion impersonnelle « c’est »  renforcée par l’adverbe« bien » et la généralisation «la pire peine » + opposition entre « bien »/ « pire » et au final le retour de « mon cœur », comme si l’effort de dépersonnalisation, de mise à distance ramenait toujours au « moi ». L’ignorance impersonnalisée du vers 14 (négation + interrogation) devient une souffrance personnelle.

II. L’expression d’une fÊlure : la musicalitÉ du poÈme.

A. Lesphénomènes d’échos.
1) La disposition des rimes (abaa-cdcc-eaee-fdff) + répétition du même mot au 1er et dernier vers de chaque strophe = effet de triple écho sonore redoublé par écho sémantique. Cette impression est accentuée par la brièveté de l’hexasyllabe.
2) Rimes intérieures accentuant davantage ces phénomènes d’écho « pleure » / « cœur » ; « bruit » / « pluie » ; Ennuie / chANt ;...
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