Lecture Et Oeuvre Integrale 2

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  • Publié le : 15 juin 2015
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LA LECTURE ET LES ADOLESCENTS

1° Et pourtant, ils lisent …
A la découverte des nouveaux programmes, bon nombres d’entre nous ont été effrayés par l’obligation d’étudier des œuvres intégrales dites « classiques ».
Une des raisons de cette appréhension vient de l’idée que jamais nos élèves ne liront une œuvre imposée puisqu’ils ne lisent pas. Cette idée est largement répandue, sans qu’elle reposesur des faits vérifiés. Certaines études ont nuancé ce constat.
Je vais m’appuyer sur :
celle de Christine DEPRETZ, sociologue, qui a participé à l’élaboration du livre Et pourtant ils lisent, en 1999 (réactualisé depuis). Son étude a été réalisée sur des enfants de 3ème qui ont été interrogés jusqu’en terminale
celle de Jean François HERSENT, directeur du livre et de la lecture, ministère de laculture lors d’une intervention à Talence le 5/12/2005. Il s’appuie sur des études faites auprès d’adolescents européens
Le numéro 51 de l’automne 2006 de Lire au lycée professionnel et le numéro 40
Un 1er constat confirme notre impression première : les jeunes aujourd’hui lisent moins qu’il y a 20 ou 30 ans.
2ème constat, les filles lisent plus que les garçons
3ème constat, les pratiques delecture décroissent entre le collège et le lycée, y compris chez les franges les plus lectrices (notamment les filles)
Enfin, il existe une baisse réelle de l’importance pour les élèves de passer pour des lecteurs

Il faut cependant nuancer ces différents points et donner quelques explications :
Si les jeunes lisent moins qu’il y a 20 ou 30 ans, les 15/19 ans sont au moins deux fois plus nombreux àêtre inscrits en bibliothèque et ils sont proportionnellement moins nombreux que l’ensemble de la population à ne lire aucun livre.
Si les garçons lisent moins, ils lisent avec plaisir des magazines, des livres scientifiques, des BD et de la littérature fantastique
D’autre part, les ados ne sont pas brouillés avec la lecture, mais ils différencient la lecture considérée comme légitime, savante (doncscolaire) et celle qu’ils ne considèrent pas comme tel mais qui les captive (Tolkien, Stephen King, Harry Potter, Histoires vécues ). Il n’y a pas d’idée chez eux d’œuvre « supérieure », de « grandes œuvres ». La lecture est une pratique sans croyance. Lire n’est pas investi de valeur, c’est un besoin, un devoir ou un plaisir. A la question « quel est votre livre préféré, votre référence absolue ?»(Question posée par Hersent) ½ des adolescents ne répondent pas. Sur l’autre moitié, 56°/ répondent par un livre, 46°/ par un auteur. 123 titres et 117 auteurs ont été cités plus d’une fois, dont une bonne partie figure dans le programme scolaire. Cette dispersion des réponses révèlent bien qu’il n’existe pas de livre ou d’auteur culte, alors que les générations précédentes se référaient àSartre, Camus, Vian … beaucoup de jeunes qui affirment ne pas lire, lisent mais ne considèrent pas qu’il s’agit de lecture, d’autant que ce qu’ils lisent est souvent dévalorisé, notamment par l’école.
En fait ce qui recule surtout, c’est la lecture consacrée accentuée par la prédominance de la culture scientifique renforcée par les nouvelles technologies et par une forme d’anti-intellectualisme
Le livren’est qu’un média parmi tant d’autres, pour cette génération multimédia fascinée par l’image. Ce qui nous amène à nous interroger sur la culture adolescente :
Leur univers culturel est composé de sorties entre amis, du cinéma, de l’internet, et surtout de la musique. Cet éclatement des pratiques et des goûts est d’ailleurs bien souvent dicté par la musique.
Tous les médias font partie intégrantede la vie des adolescents (ceux nés après 1980) et le livre leur parait ancien et cela affecte d’autant plus les relations des ados à l’écrit et à l’école
Cette concurrence des médias explique que l’école a de plus en plus de mal à imposer ses normes.

L’école peut-elle quelque chose pour les jeunes qui n’aiment pas lire ?

L’école peut et doit donner le goût de la lecture. Cependant ce « goût...
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