Lecture d'une poésie

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  • Publié le : 1 novembre 2009
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Voici en exemple une dissertation sans doute encore trop longue pour que vous puissiez espérer en écrire autant lors de l’épreuve du Concours, mais qui vous donnera peut-être une idée plus concrète de la forme que peut prendre cet exercice. Le sujet est le suivant : Pierre reverdy écrit dans son Bloc-notes « 39-40 » : « En lisant un roman, le lecteur ravi devient imaginairement un autre ou lesautres. Le poème l’émeut mais le laisse en lui-même et plus intensément lui-même. » Qu’en pensez-vous ? (CAPES Lettres Modernes 1984)

Introduction Le 1er paragraphe introduit le thème du sujet et annonce déjà la manière dont je le conçois. Le 2° reproduit la citation (si cette dernière était plus longue, je n’en citerais que le plus important) et pose la question particulière que je choisis de meposer sur le sujet. Le 3° annonce mon plan sous forme de questions

La publication au XVII° du premier grand texte écrit en prose poétique, Les Aventures de Télémaque, provoque en France un débat littéraire : cette œuvre est-elle plutôt un roman ou plutôt un poème épique ? L’hésitation marque la difficulté d’établir à l’époque une distinction nette entre roman et poème. Au XX° siècle, PierreReverdy s’y essaie encore sans utiliser les habituels critères formels ou thématiques, en envisageant l’action de l’œuvre sur le lecteur : « En lisant un roman, écrit-il, le lecteur ravi devient imaginairement un autre ou les autres. Le poème l’émeut mais le laisse en lui-même et plus intensément luimême. » Mais dans quelle mesure ce nouvel effort de différenciation aboutit-il ? Pour répondre àcette question, on se demandera d’abord ce qui dans l’œuvre, peut produire cette différence de réception : est-ce la présence ou non de personnages auxquels s’identifier, la constitution d’un univers particulier dans lequel le lecteur est invité à entrer ? Existerait-il quelque moyen par lequel un poème, même narratif, induise le lecteur à rester en lui, malgré la présence de personnages, et dontseraient dépourvus les romans ? En fait, on peut se demander dans quelle mesure il est encore possible aujourd’hui de conserver une distinction de genre entre roman et poème. *

Développement trois parties comprenant chacune trois ou quatre paragraphes comportant chacun un argument et un ou des exemples. Notez que j’ai sauté une ligne entre chaque grande partie, pour que la structure de mon exposéapparaisse clairement.

Les transitions sont davantage marquées entre les

Concernant le roman, Reverdy insiste sur le « ravissement » opéré sur le lecteur pendant la lecture, faisant allusion au phénomène bien connu de l’identification aux personnages. Selon la focalisation du récit, le lecteur partage les sentiments de tel ou tel personnage, ou du moins s’intéresse à lui comme le ferait unami : il se réjouit avec Fabrice de la première lettre de Clélia, tremble pour Gavroche et déteste Javert quand il s’acharne sur Blandine à l’agonie. Les émotions qu’il éprouve sont réelles mais empruntées, elles restent liées aux personnages qui sont censés les ressentir et à la situation fictive dans laquelle ils se trouvent et où il les rejoint par l’imagination. Le lecteur est alors biendépossédé de soi, de son ici et maintenant, il vit des bribes d’une autre vie dans un autre temps et dans un autre espace. Pour que ce phénomène se produise, certaines conditions sont nécessaires : organisation cohérente de l’univers romanesque tout au long de l’histoire, ou au moins repérage des lieux suffisamment précis pour qu’on puisse les reconnaître, établissement d’une chronologie, ou du moins d’unesuccession possible des faits qui donne l’impression d’un déroulement temporel, caractérisation suffisante des personnages pour qu’on puisse les reconnaître et y

marquées entre les grandes parties (À cette action aliénante du roman, Reverdy oppose [...] ; Pourtant, est-il bien sûr que cette épaisseur du langage). NB : L’usage d’un mot récapitulatif accompagné d’un adjectif démonstratif...