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Lehman Brothers,
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Par Florentin Collomp, envoyé spécial à New York
16/10/2008 | Mise à jour : 00:43 [pic][pic][pic][pic]| Commentaires [pic]18 [pic][pic][pic]|[pic] Ajouter à ma sélection
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Fondée en 1850 par les frères Lehman, la banque a traversé la crise de 1929 mais n'a pas résisté à celle du subprime. Le 15 septembre dernier, elle est déclarée en faillite et son titreplonge de 94 %, entraînant le Dow Jones dans sa chute. La plus forte depuis le 11 septembre 2001. Crédits photo : AFP
Il y a un mois, le gouvernement américain laissait la banque faire faillite pour créer un exemple. Sa chute a entraîné des réactions en cascade qui ont bouleversé la planète.
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«Nous avons déjà connu l'adversité et nous en sommes toujours sortis bien plus forts.» Le 10septembre, au cours d'une conférence téléphonique avec les analystes financiers, Richard («Dick») Fuld, patron de la banque Lehman Brothers, veut encore y croire. Cinq jours plus tard, il met son entreprise, vieille de 158 ans, en faillite, lâchée par le gouvernement américain et par ses homologues. C'était il y a un mois. C'était une autre époque. Depuis, les États américains et européenssurenchérissent à coup de centaines de milliards d'euros pour soutenir, voire nationaliser, les banques en difficulté. Ils font assaut de déclarations de principes pour empêcher toute défaillance de société financière et garantir les dépôts des épargnants. Depuis, des centaines de milliards se sont évaporés sur toutes les Bourses mondiales. Depuis, les économies américaine et française sont entrées enrécession.
Mais, en ce week-end de la mi-septembre, le gouvernement des États-Unis a décidé de faire un exemple. Vendredi 12, Richard Fuld reste seul dans son bureau quand le gratin de la communauté financière américaine est convoqué par le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, au siège new-yorkais de la Fed (banque centrale), au sud de Manhattan. L'action Lehman Brothers a perdu 77 % pendant la semaine,après l'annonce d'une perte trimestrielle record de 3,9 milliards de dollars et de 5,6 milliards de dépréciations d'actifs incertains. Une solution doit donc être trouvée d'urgence.
L'Administration avait déjà volé au secours, en mars, de Bear Stearns, autre banque d'investissement new-yorkaise à laquelle elle avait accordé 29 milliards de dollars, permettant sa reprise par JPMorgan Chase. Unesemaine plus tôt, en septembre, elle venait de nationaliser pour 200 milliards de dollars les deux géants du financement hypothécaire américain, Fannie Mae et Freddie Mac, emportés par la crise des prêts immobiliers à risque. Cette fois, Henry Paulson le dit clairement : le sauvetage de Lehman Brothers se fera sans argent de l'État. Pas question de payer sans limite la facture des erreurs du privé. 
Fuld se démène jusqu'au bout
 
Autour de lui, il y a Timothy Geithner, le président de la Fed de New York, Christopher Cox, celui de la Securities and Exchange Commission, le gendarme de la Bourse, les patrons des grandes banques américaines Citigroup, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Goldman Sachs, Merrill Lynch, et de banques étrangères. Après s'être séparés le vendredi soir, les groupes detravail se reforment le samedi - des équipes planchent même une partie de la nuit du samedi au dimanche - puis le dimanche. Outre le cas Lehman Brothers, Merrill Lynch est également en train de vaciller et le premier assureur mondial, AIG, montre de dangereux signes de faiblesse.
«Une douzaine de personnes autour de la table représentaient 90 % du risque en capital lié à Lehman Brothers, raconteun participant. Paulson a fait des recommandations qu'il a soumises à l'étude. Bien que tout le monde ne partageât pas les mêmes intérêts, un consensus a émergé. Le dimanche matin, on a appris que Lehman n'était pas viable. En dix minutes, on a laissé tomber le sujet pour s'occuper de Merrill Lynch. J'ai eu le sentiment que la décision était déjà prise.»
Pendant ce temps, dans son bureau au...
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