Les 30 glorieuses

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1192 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 16 mai 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Pendant les 30 glorieuses, le débat social s’est structuré autour des inégalités. La pauvreté et l’exclusion paraissaient résiduelles.
(...) Au cours des Trente glorieuses, le débat sur les inégalités a mobilisé les syndicats et les partis politiques de gauche et alimenté la pensée des intellectuels. La prospérité économique, le progrès et le plein emploi semblent devoir assurer une élévationgénérale du niveau de vie. L'ensemble des salariés sont intégrés dans une série d'institutions légales ou conventionnelles qui garantissent la diffusion des effets de la croissance par des hausses de salaires, mais aussi par une extension et une amélioration du dispositif de protection sociale. C'était ce que certains économistes appellent le "compromis fordiste". Nul, ou presque, n'est laissé pourcompte, même si le partage des fruits de la croissance demeure inégalitaire.
Les inégalités - souvent très fortes - sont cependant jugées souvent inacceptables. Les luttes sociales se focalisent donc sur leur réduction, qu'il s'agisse des disparités de revenus ou des inégalités de conditions de vie, de chances ou d'accès à l'enseignement, à la culture... Jusqu'en 1980 environ, ces inégalitéss'amenuisent effectivement sur de nombreux points. La pauvreté existe, mais elle n'est pas synonyme d'exclusion. Elle renvoie au Lumpenprolétariat, à la condition ouvrière et aux personnes situées en bas de l'échelle sociale et dont les revenus sont modestes et les conditions de travail et de vie souvent pénibles.
Si les formes extrêmes de pauvreté ne sont pas éradiquées, elles apparaissentRESIDUELLES. C'est essentiellement à travers la question du logement que les situations de pauvreté sont mises en lumière. Durant l'hiver 1953-54, l'abbé Pierre lance ses premières campagnes en faveur des sans-logis. Dès 1955, une politique massive de construction de logements sociaux est mise sur pied, mais les plus pauvres n'auront pas accès aux HLM. En 1957, le Père Joseph Wresinski1 fonde le mouvementATD-Quart Monde et partage la vie des familles du camp de Noisy-le-Grand2. L'extrême pauvreté se concentre dans les bidonvilles et les cités de transit. Elle ne concerne pas seulement des marginaux, mais des "oubliés" de la croissance qui, le plus souvent, ont un travail mais, parce qu'ils cumulent les handicaps matériels et culturels, n'ont pas accès à la société de consommation et au logementdécent.
Ce sont ces laissés-pour-compte de la prospérité (handicapés, personnes âgées, quart-monde...) que René Lenoir désigne sous le terme d' "EXCLUS" au milieu des années soixante-dix. Si le mot s'impose au cours de la décennie suivante, il va prendre une toute autre signification. La crise économique et la montée massive du chômage bouleversent les termes du débat social.
Le terme de « NOUVEAUXPAUVRES » apparaît pour désigner des personnes jusque là intégrées dans le marché de l'emploi, inconnues des services d'aide sociale et des associations caritatives, et désormais touchées par "un processus de disqualification sociale", selon les termes de Serge Paugam. "La pauvreté n'apparaît plus comme un phénomène résiduel, un état qui se transmet de génération en génération, mais comme unprocessus".
Les pauvres sont des chômeurs de longue durée, des jeunes sans emploi, des SDF (que l’on n’appelle plus « clochard », car la population s’est rajeunie). Il y a aussi une nouvelle catégorie en forte expansion : les mères célibataires. Car le milieu des années 1970 avait été marqué par un tournant majeur dans l’évolution de la famille. Le divorce s’est banalisé et le nombre de mères defamille qui se retrouvent seules avec leurs enfants explose.
Le chômage de masse s’installe. D’anciennes régions industrielles – spécialisées dans la sidérurgie et le textile notamment – sont sinistrées.
Le terme d'EXCUSION va s'imposer dans le vocabulaire des chercheurs comme dans celui des hommes politiques.
Au risque parfois de se galvauder alors que son sens est très fort, comme l'ont mis en...
tracking img