Les accords inter firmes et concepts associés

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  • Publié le : 31 mars 2011
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LES ACCORDS INTER-FIRMES ET CONCEPTS ASSOCIÉS: UNE GRILLE DE LECTURE EN TERME D’INTERPÉNÉTRATION ORGANISATIONNELLE
Fabien BLANCHOT Maître de conférences CREPA Université Paris Dauphine Place du Maréchal de Lattre de Tassigny 75775 PARIS CEDEX 16

Introduction Le domaine des accords inter-firmes constitue un champ de recherche aussi complexe que passionnant. Cette complexité procède notammentde la variété des accords inter-firmes et des concepts qui y sont associés. Des efforts de clarification ont été entrepris permettant de mieux rendre compte de cette diversité. Il n’est que de constater, pour s’en convaincre, l’importance des typologies proposées dans la littérature en sciences de gestion sur l’objet des accords (Porter, 1986; Ghemawat, Porter et Rawlinson, 1986, Hergert et Morris,1988, Ricotta, 1987...), leur importance pour les firmes (Contractor et Lorange, 1988, p. 6-7; Blanc et Garrette, 1992, p. 2), leur configuration (Joffre et Koenig, 1984; Jorde et Teece, 1989; Teece, 1992, p. 19; Porter, 1986), leurs formes juridiques (Martinet, 1988; Revue fiduciaire, 1988; Dubisson, 1989), ou encore le profil de leurs initiateurs (Koenig, 1990), leurs objectifs (Westney, 1988,p. 340) et l’utilisation qu’ils font des outputs de l’accord (Lorange et Roos, 1992, p. 10sq). Ainsi, les accords peuvent porter sur un marché, une activité (de R&D, de production, de marketing et/ou de distribution) ou un actif qui peut être humain, un bien fongible (produit, argent) et/ou durable (immobilisation, technologie, savoir, savoir-faire). Ils peuvent avoir ou non un caractèrestratégique, comporter des contributions de même nature ou différentes et être ou ne pas être accompagnés d’un support juridique doté d’un statut spécifique avec ou sans personnalité morale. Ils peuvent être conclus entre des entreprises de taille et de nationalité identiques ou différentes, appartenant ou non à un même secteur et champ concurrentiel. Leur objectif peut se limiter à la production d’unoutput ou bien inclure l’acquisition de nouvelles compétences. Enfin, les partenaires sont susceptibles d’utiliser pour leur propre compte les outputs de l’accord ou, au contraire, les réinvestir dans l’opération conjointe. Toutefois, ces descripteurs restent insuffisants parce qu’ils ne permettent pas de rendre compte de la nature même des relations établies entre les parties, c’est à dired’identifier leur type en terme d’interpénétration organisationnelle. C’est sur cet aspect que l’on souhaite ici se focaliser, les développements proposés constituant l’approfondissement d’un travail antérieur (Blanchot, 1995).

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La nature des accords inter-firmes est à la fois spécifique et très diverse. Cette spécificité justifie qu’ils soient de plus en plus appréhendés en tant qu’objet autonome derecherche tant en économie (Baudry, 1995, p. 3) que dans les sciences de gestion1. En même temps, pourtant, ce mouvement oecuméniste bute contre l’hétérogénéité des relations qu’il étudie, parce qu’elle risque de faire perdre à l’objet supposé de l’analyse toute spécificité (Michalet, 1988). Ce paradoxe, au sens d’antinomie, n’est en fait qu’apparent. Les dimensions qui fondent la spécificité desaccords sont en effet différentes de celles sur lesquelles peut varier leur nature. Elles sont successivement présentées dans une première partie. On montre, dans une seconde partie, que la grille de lecture à laquelle aboutit ce travail, non seulement, facilite la distinction entre divers contrats observables dans la réalité des affaires, mais encore, permet de mettre en évidence la disparité,d’une étude à l’autre, des signifiés et des formules relationnelles associées à des concepts aussi divers que ceux d’accord de coopération, d’alliance ou de partenariat. On procède, pour ce faire, à l’analyse de quinze accords et vingtdeux définitions, des concepts susmentionnés, extraites de travaux anglo-saxons et français. Un tel état de fait est-il justifiable ? C’est à cette question que...
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