Les afriques noires et la francr

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  • Publié le : 22 avril 2010
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La France en Afrique, françafrique ?

Introduction, les rapports entre les Afriques noires et la France

Ceux-ci trouvent leur origine dans une histoire commune[1], « lestée du poids d'un passé mal assumé[2]» (esclavage, traite des nègres, colonisation et décolonisation) tant en France que dans les états africains concernés[3]. Nous notons toutefois la persistance d'un décalage entre uneprise de conscience douloureuse et conflictuelle en France (les revendications mémorielles sont surtout portées par des Antillais, des Réunionnais, des Guyanais), et l’absence de polémique sur ces questions, qui peinent à mobiliser, en Afrique[4]. Au-delà de la concurrence des représentations, au-delà du débat entre historiens, nous nous attacherons à décrire de manière succincte les liens formels etinformels entre la France et l'Afrique subsaharienne, tout comme leur adaptation à un cadre juridique international différent de celui des indépendances. En effet, près de cinquante années après les indépendances, on peut dire que l'État français n'a plus de projet d'envergure en Afrique. Pour autant, nous sommes loin d'affirmer qu'elle a entièrement rompu avec la tradition « françafricaine »,alors qu'elle voit son influence contestée depuis une dizaine d’années par des puissances émergeantes (dont le Brésil), les Etats-Unis ainsi que la Chine (elle conserve toutefois une position dominante dans son ancien « pré carré[5] »). Cette évolution s’est faite dans un contexte politique international où les acteurs étatiques et non étatiques se sont multipliés dès après la fin de la guerre froideet où le multilatéralisme est désormais devenu la norme.

Françafrique?

Dès le début de la colonisation française en Afrique noire un système politique et économique est mis en place. Ce système survivra à la décolonisation (qui s'est déroulée sans violence) et plus encore, étonnamment, survivra jusqu'à la fin du XXe siècle : on observe la continuité des comportements et des mentalités entre1895, date de la création de l'Afrique occidentale française (AOF), et 1994, année de rupture dans les relations franco-africaines, consacrée par trois événements hautement symboliques, à savoir la dévaluation du franc CFA, le décès de Félix Houphouët-Boigny et le génocide au Rwanda[6]. Trois tendances de fond apportent-elles aussi leur éclairage sur l'évolution du « complexe » franco-africain,appellation qui rend compte des imbrications entre la France et sa zone d'influence et qui fait référence au complexe militaro-industriel états-unien, dont l'opacité est dénoncé par Eisenhower en 1961[7]. Première tendance : la fin de la guerre froide qui, malgré la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, la paix au Mozambique et l'indépendance de la Namibie, favorise la multiplication des conflitsdu sud de l'Afrique jusqu'à la région des Grands Lacs et amène la France « à subordonner son aide à la mise en oeuvre des programmes d'ajustement structurel (PAS) négociés avec les institutions internationales », afin d'éviter un surendettement qui mènerait à une fuite en avant dans une spirale de violence[8]. Deuxième tendance : peu après la chute du mur de Berlin toujours, alors que nombre dedictatures pro-américaines basculent vers la démocratie, le président Mitterrand déclare à La Baule le 21 juin 1990 que l'aide française sera à partir de cet instant « plus tiède en face du régime qui se comporterait de façon autoritaire, sans accepter l'évolution de la démocratie[9] » et «enthousiaste pour ceux qui franchiront ce pas avec courage[10] ». Troisième tendance : le renouvellement desgénérations aussi bien en France que côté africain[11]. Appréhendé seul, ce contexte, aussi contraignant soit-il, ne permet pas d'expliquer pourquoi en 1994, exemple pris parmi tant d'autres, «... la chaîne d'État France 2 [passe] au journal télévisé - après un très long entretien avec la présidente de SOS Attentats, au sujet de l'arrestation de Carlos - un reportage « publicitaire » sur le...
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