Les animaux malades de la peste

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  • Publié le : 2 janvier 2011
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Explication de « Les Animaux malades de la peste », Fables, La Fontaine

Introduction
La Fontaine a voulu renouveler l’art de la fable dans le second recueil et il a puisé à d’autres sources. Délaissant Esope et Phèdre, il s’est davantage inspiré de Pilpay. Il a « étendu davantage les circonstances des récits » et il a choisi des sujets plus grave, qui s’orientent parfois explicitement versla strie politique ou la méditation philosophique. Cette fable se définit comme une satire de la monarchie absolue et sa portée politique apparaît d’évidence. Elle met en cause le pouvoir, ses abus et son arbitraire mais aussi la servilité des courtisans.

I/ Un discours politique
Le roi évalue la situation et prend les mesures qui s’imposent d’après lui. On remarque que les mots essentielssont repris pas deux fois : « infortune » est repris par le terme « accident » ; « sacrifice » par « dévouement ». D’abord, on remarque le passage du singulier au pluriel et l’atténuation qui caractérise les reprises deviennent une sorte d’euphémisme. Le procédé tend à banaliser la situation, de sorte que le souverain va pouvoir s’appuyer sur une tradition.

1°) Une affabilité apparente
Ellese marque d’abord par l’adresse aux autres animaux : « Mes chers amis » (v.15). L’aménité du roi est soulignée par la rime intérieure : « dit » ; « amis ». En outre, la prise en compte de l’intérêt général est renforcée par la rime « infortune » ; « commune ». Enfin, la valeur du pronom « nous », qui apparaît fréquemment reste ambigu. En effet, le « nous » de majesté se dissimule derrière lacollectivité. Il tente de masquer que ses décisions sont purement individuelles et non pas dictées par la collectivité.

2°) Une feinte modération
Le lion dissimule son autorité réelle en faisant référence à des instances supérieures, notamment aux vers 2,16 et 19 avec la mention du ciel et l’expression : « céleste courroux ». Le roi utilise cette référence pour désengager sa responsabilité en lamatière. Par la suite, il a recours aux leçons délivrées par l’expérience : « L’histoire nous apprend ». Encore une fois, il se retranche derrière une norme. Enfin, il utilise les aspects de la délibération pour justifier sa décision : « Je crois que » (v 16) ; « peut-être » (v 19) ; « mais je pense qu’il est bon » (v 30). On a une progression qui présente son discours comme l’aboutissement d’uneréflexion, de sorte qu’il adopte les formes du jugement objectif, comme l’indique le vers 32 : « Car on doit souhaiter selon toute justice ». La première personne disparaît. La décision personnelle disparaît derrière la nécessité de l’équité imposée par la fonction de souverain. Cet avis mesuré n’est qu’un masque, derrière lequel le roi dissimule son autorité, comme l’indique la rime « moi » ; « roi». En réalité, le lion donne des ordres et l’auteur souligne ses irruptions de despotisme par les changements de mètres. En effet, l’alexandrin du vers 23 comporte deux impératifs. En outre, les vers 18 et 19 isolent le premier décret royal : « Que le plus coupable de nous/ Se sacrifie aux traits du céleste courroux. ».

3°) Une fausse confession
Le lion se livre à un simulacre3, dans lamesure où sa confession manifeste moins une contrition 4 qu’elle ne révèle une propension5 à l’excès : « mes appétits gloutons » (v 25), souligné é par les allitérations en /t/. En outre, on note la présence pléthorique6 de la première personne des vers 25 à 31 et la construction en chiasme : « Pour moi […] ainsi que moi ». Le pronom objet à la forme forte encadre le passage. Ce pronom est repris parles allitérations en /m/. Le vers 30 : « Je me dévouerai donc s’il le faut » reste ambigüe car « s’il le faut » renvoie à une nécessité, comme le verbe devoir. L’expression oscille donc entre la nécessité et la réserve.

4°) La force affichée
Dans l’aveu des crimes perpétrés, les verbes manifestent la force brutale du lion : « satisfaisant » ; « dévorer » ; « manger ». Au vers 29, le...
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