Les animaux malades de la peste- jean de la fontaine-

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  • Publié le : 16 avril 2010
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LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

« Les Animaux malades de la peste » est la première fable du livre VII, qui ouvre le deuxième recueil des Fables. Publié 10 ans après le 1er, en 1678, le talent de la Fontaine se décline ici dans des textes généralement plus longs, ce en quoi il s'éloigne de ses modèles que sont les fables d' Esope et de Phèdre, qui elles selimitaient à quelques phrases. On s'accorde généralement à dire qu'il leur donne, dans ce second recueil, un tour plus philosophique. La réception fut plus mitigée que lors de la publication des premiers livres moins graves et moins doctes. Mais la postérité en jugera autrement, préférant cette partie, peut-être moinsapparemment séductrice, mais tellement riche en sens.

La Fontaine définit son œuvre comme une vaste pièce de théâtre, ayant pour décors l'univers tout entier, pour acteurs toutes les créatures vivantes qui le peuplent, et pour action celle représentées dans chacune des fables, comme il l'écrit dans la 1ère fable du livre V: « ... »

« Les Animaux malades de la peste » est à l'origine une fableancienne provenant d'une tradition médiévale. La Fontaine y ajoute « le tribunal des animaux », et sa langue savoureuse... Débutant le deuxième volet des Fables, elle possède une place symbolique et emblématique.

L'histoire, donc, se passe chez les animaux. La peste faisant des ravages dans leurs rangs, le Lion propose de sacrifier le plus coupable des leurs pour expier, et selibérer de cette tragédie. « ... »

Comment interpréter la morale de cette fable construite comme une pièce de théâtre?

La construction et le jeu scénique évoquent une une pièce de théâtre, à la fois savoureuse et tragique-avec des personnages finement dessinés- Tout est mis en œuvre par La Fontaine pour offrir à ses lecteurs une critique acerbe de la justice et du pouvoir...

Une fablemenée comme une pièce de théâtre tragique:

Dès la scène d'exposition , la structure théâtrale de cette fable-pièce est fortement marquée. La situation est campée en quelques vers, du vers 1 au vers 14. La notion de drame est mise en exergue dès les premiers mots avec la répétition du terme « mal » et des mots: terreur, fureur, punir les crimes, la Peste avec un « P » majuscule quipersonnifie quasiment ce grand mal qui « faisait aux animaux la guerre ». La Peste est bien sûr le terme clé, il est rejeté au troisième vers, après une gradation pressante de termes inquiétants, pour souligner l'état d'urgence qu'elle provoque et en sachant qu'elle impressionnera fortement le lecteur de l'époque, à qui cette maladie fait peur. Le lecteurperçoit le désastre. L'auteur utilise une allégorie issue de la mythologie grecque, évoquant l'Achéron vers 5 « ... » -le fleuve des Enfers- où le passeur s'enrichit par l'obole que chaque âme doit lui payer.

L'auteur continue sa description en s'attachant de plus près à ceque vivent les personnages, la répétition de l'adjectif indéfini « tous » dans le vers 7: « ... » montre que toutes les classes de la société sont touchées. La vie sociale est plongée dans un coma: on le perçoit grâce à l'accumulation de termes négatifs: « On n'en voyait point », « nul mets », « ni loups ni renards »... On voit que chacun évitel'autre, même les tourterelles, qui sont pourtant le symbole de l'amour et de la fidélité...

A la lecture du texte, les sons sont durs, inquiétants, avec les allitérations en « r »: « qui répand la terreur (…) en sa fureur ». L'emploi de rimes masculines pour ces mêmes vers (1 et 2) renforcent cette impression de dureté.

Le déroulement de la fable peut ensuite nettement être découpé...
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