Les animaux malades de la peste

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Fable 1 « Les Animaux malades de la peste »
Jean de La Fontaine
« Les Animaux malades de la peste » est une fable de La Fontaine inaugurale du livre VII auquel elle donne le ton ainsi qu'à l'ensemble du second recueil. Cette fable, distrayante, a une visée satirique. Il s’agit en fait d’une démonstration sur la raison du plus fort. À travers une mise en scène tragique, La Fontaine révèle lanoirceur des Hommes en se livrant à une critique des courtisans.
I) Une mise en scène tragique

La Fontaine va susciter l’effroi, va capter l’attention du lecteur en jouant sur les ressorts dramatiques. Il va proposer une mise en scène tragique : la fable se présente comme une pièce de théâtre, elle est divisée en plusieurs scènes.
1) Une mise en scène terrifiante
L’auteur va nousplonger dans l’univers d’horreur absolu avec un effet d’attente jouant sur la gradation.
Vers 1 à 4 : le lecteur est saisi d'entrée par un effet d'attente.
Vers 1 à 3 : c'est l'annonce du mal (la Peste). La gradation et l'anaphore créent un effet d'insistance.
Vers 4 : la Peste est désignée en rejet.
Vers 5 à 6 : la Peste est personnifiée. L'univers tragique est accentué par un champlexical particulier (''terreur'' ; ''fureur'' ; ''frappés''). Il y a aussi une référence antique (''Ciel'' ; ''Achéron'') et une allégorie de la Peste qui équivaut à la mort.
Vers 7 à 14 : c’est la description d’un monde de désolation et de chaos, œuvre de la Peste, exprimée par une accumulation de termes négatifs.
Vers 7 : ce chiasme crée un effet de clôture ; personne n'échappe au destin,il n'y a aucune issue.

2) L'inexorable accomplissement du destin
47 vers se succèdent d'un seul tenant, qui se construit sur une alternance d'alexandrins et d'octosyllabes.
Vers 16 à 34 : discours solennel du Lion, allégorie symbolisant le souverain, le Roi qui est un intermédiaire entre les Dieux et les Hommes (vers 17 : reprise en écho de la sentence des Dieux).
Vers 19 à 20 :c'est la sentence prononcée par le Lion.
Vers 19 : rejet de ''se sacrifie'' : le terme prend une dimension tragique. ''traits du céleste courroux'' : emphase qui rend le destin effrayant.
À partir du vers 26, le Lion fait des aveux publics en montrant l’exemple, puis il est suivi du Renard qui se fait son avocat pour se défendre lui-même.
Les personnages se succèdent, c’est une scèneouverte comme au théâtre.
Vers 46 : Un public de courtisans se met en place, ils défilent puis encerclent l'Âne.

3) Le sacrifice
L'Âne est le bouc émissaire et il va être sacrifié pour purifier la cité, ce qui fait allusion à la tradition antique (Œdipe et Iphigénie).
Vers 57 à 63 : toute la tension dramatique jusqu'à l’acmé se concentre dans le discours du Loup sous la forme d’unegradation au niveau syntaxique et lexical (''dévorer'' ; ''pendable'' ; ''mort'' ; ''expier'') où le sort de l'Âne se décide.
Le rite est pervers : l'Âne est accusé de tous les maux.
Vers 61 : c’un effet de chute et une forte césure est à l’image de l’exécution de l’Âne.

Transition : Cette mise en scène tragique libère tous les sombres instincts de l’Homme et permet à La Fontaine de selivrer à une critique des courtisans.

II) La raison du plus fort

Une situation extrême va mettre à jour toute la bassesse dont l’Homme est capable : le cynisme et le pouvoir de la parole.

1) Un sentiment d’injustice
A) Le renversement des valeurs
Vers 26 à 30 et vers 50 à 54 : aveux publics du Roi et de l’Âne au discours direct qui sont en parallélisme.
Le Lion a commisun crime grave, mais il le déclare d’un ton léger et ne se justifie pas.
L’Âne a commis un crime léger, mais il le déclare d’un ton grave ‘’diable’’ et cherche à se justifier.
Contraste paradoxal qui suscite un sentiment d’injustice.
B) Le discours du Renard
Vers 35 à 43 : le Renard dédramatise le roi de ses crimes en usant d’un discours flatteur.
L’adverbe ‘’trop’’ est...
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