Les animaux malades de la peste

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  • Publié le : 24 avril 2010
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« Les longs ouvrages me font peur
Loin d’épuiser une matière,
On n’en doit prendre que la fleur «  (livre IV Epilogue). La Fontaine explique, par cette citation les principes de ses fables, genre qu’il a emprunté à Esope, poète antique et dont il s’est largement inspiré. Dans la fable « les animaux malades de la Peste » extrait du Livre VII de son principal ouvrage Les Fables paru au XVIIeme,le fabuliste relate, avec rapidité mais tout en suscitant l’intérêt du lecteur les décisions d’une assemblée d’animaux confrontée au fléau de la Peste. Quel est l’enjeu de cette fable ? Il sera intéressant de voir d’une part comment cette fable contient un récit dynamique et plaisant et d’autre part, il faudra examiner les nombreuses critiques présentes.

L’art du récit apparaît clairement àtravers la peinture de l’épidémie et la galerie de portraits brefs mais évocateurs
Tout d’abord, La Fontaine peint très efficacement l’épidémie de façon à montrer son l’ampleur et l’impuissance humaine face à ce fléau. L’ampleur de l’épidémie est traduite par la métaphore « la Peste (…) capable d’enrichir en un jour l’Achéron ». En effet, celle-ci , par référence à la mythologie grecque soulignel’importance des victimes, ceci en un temps très court comme l’indique la précision temporelle « en un jour ». Cette épidémie entraîne des morts mais aussi beaucoup de souffrances comme le suggère le chiasme « ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés » dans lequel le pronom indéfini « tout » est mis en évidence, prouvant que personne n’est épargné. Par ailleurs, le fléau apparaîtaussi aux hommes comme une punition divine Le ciel est présenté à travers une allégorie « Ciel (…) inventa » mis en évidence par le contre-rejet afin de ménager le suspense ou encore par l’expression « courroux céleste ». Le champ lexical de la vengeance est aussi très présent « punir », « faisait (…) la guerre ». La peste est présentée avec le registre épique comme étant une force contre laquellerien n’est possible. C’est ce que traduit l’anaphore du terme « Mal ». Les sonorités dures notamment les allitérations en –r dans les mots hyperboliques « terreur » « fureur » « crimes » contribuent à suggérer la dureté de l’épidémie. Les conséquences de l’épidémie sont tant morales que physiques. En effet, tous les vivants ont perdu leur joie. C’est ce que révèle la récurrence de la négation« ni loup » « ni renard », « nul mets ». De même, il n’y a plus de place pour l’amour comme le confirme le groupe nominal « plus d’amour ». Si la peinture de l’épidémie rend le récit plaisant, le portrait des personnages y contribue également.
Ensuite, La Fontaine dresse une galerie de portraits brefs mais évocateurs. Les animaux sont décrits ici dotés de caractéristiques humaines. Ils vivent ensociété comme l’indique le terme « assemblée » et le Lion apparaît comme la figure dominante de cette petite société. En effet, c’est lui qui interpelle les animaux avec l’apostrophe « mes chers amis » et prend le plus longuement la parole, sur 19 vers. Sa supériorité est révélée aussi par l’extrême politesse avec laquelle on s’adresse à lui, donnée à travers les appellations respectueuses « Sire »« Seigneur » « bon roi ». Le second personnage cité est le renard qui présente les caractéristiques classiques telles que la ruse et l’habileté. Chaque animal est ainsi caractérisé : la force à travers l’énumération « Tigre, ours, l’âne » le dernier incarnant la naïveté. Le tableau de cette assemblée d’animaux est rendu vivant également par le recours au discours direct. Ainsi le lion précise « jecrois que le Ciel » et le renard intervient aussi « Sire, vous êtes trop bon roi ».
D’autre part, le récit est mené rapidement grâce à certains vers qui résument l’action « on n’osa pas trop approfondir », « au dire de chacun » , à la variété de vers de longueur inégale avec une alternance d’octosyllabes et d’alexandrins qui empêchent la monotonie du récit. Ainsi, le récit est rendu...
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