Les apologistes du travail

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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Les apologistes du travail




Au début du texte, Nietzsche nous fait part d'un constat : il y a, dans la société de son époque, des gens qui font l'apologie du travail : ces « apologistes du travail » se livre à une « glorification », à une « bénédiction du travail ». Il déclare voir dans ces éloges du travail une « arrière pensée », ce qui veut dire qu'il considère que l'éloge du travail quiest faite n'est pas sincère, qu'elle dissimule une autre pensée, une autre intention et peut-être même a-t-il des raisons de penser que cet éloge du travail n'a pas lieu d'être.

On peut raisonnablement se demander ce qui peut faire douter Nietzsche, dans la mesure ou le travail est de nos jours, comme il l'était à son époque, une activité socialement valorisée, on parle positivement du « goût del'effort », de « goût du travail », on nous encourage même à « travailler plus », etc.

Pourtant, deux points peuvent dors et déjà nous permettre, comme Nietzsche, de douter de la sincérité de l'apologie du travail. Premièrement, Nietzsche nous indique que les apologistes se livrent à une « glorification » du travail, à une « bénédiction » du travail, à des « louanges ». On constate que cestermes appartiennent au vocabulaire religion. Or, dans la religion, le travail n'est absolument pas vu comme une bénédiction, comme quelque chose de positif, bien au contraire : c'est une malédiction, une punition infligée par Dieu à Eve et Adam pour avoir mangé le fruit défendu. Il y a donc ici une contradiction dans les termes, un paradoxe qui semble suspect. Deuxièmement, si on examine l'étymologiedu mot « travail », on se rend compte qu'il vient du latin « tripalium », un nom qui désignait un instrument de torture : une fois de plus, il paraît étrange, voire suspect, de faire l'apologie d'une activité liée aussi intimement à une idée de douleur.



Dès lors, il convient de se demander qui peuvent être ces apologistes du travail. Nietzsche, dans le texte, ne l'indique pas avec précision,mais il paraît évident que ce ne sont pas les travailleurs eux même qui font l'éloge d'une activité qui les fait souffrir, on peut donc en déduire que ces apologistes viennent d'une catégorie dominante, de la catégorie qui emploie les travailleurs, c'est à dire les patrons, ou bien l'Etat..

Nietzsche déclare que ces gens sont pourvus d'une « arrière pensée », c'est à dire que leurs «infatigables discours » sont prononcés dans un but précis, autre que de simplement valoriser le travail. On peut supposer qu'il s'agit simplement d'encourager les travailleurs à mettre plus d'ardeur à la tâche, mais ce n'est ce pas la seule arrière pensée que leur prête Nietzsche. En effet, il déclare : « je vois la même arrière pensée que dans les louanges adressés aux actes impersonnels et utiles à tous :à savoir la peur de tout ce qui est individuel ». Selon lui, les apologistes du travail ferait l'éloge du travail, mais aussi de tous les actes impersonnels, dans le but de se prémunir d'actes individuels. Cette affirmation soulève plusieurs questions : le travail peut-il être assimilé aux actes impersonnels? Autrement dit, n'y a-t-il rien d'individuel dans le travail? Qu'est ce qui, dans « toutce qui est individuel », dans l'individualité, peut effrayer les « apologistes du travail », les patrons, l'Etat ?



Nietzsche assimile le « travail » aux « actes impersonnels », et les opposent à « tout ce qui est individuel ».
A priori, sa conception pourrait paraître erronée, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, on constate dans la vie de tous les jours que pour beaucoup, le travailest une activité personnel : le salarié est traité comme un individu à part entière, il à sa propre tâche à accomplir, et reçoit en échange de son travail une rémunération qui lui est propre. Chacun à son propre travail, et la carrière de chacun évolue individuellement. Deuxièmement, plusieurs philosophe considère que c'est par le travail, justement, que l'homme devient homme, qu'il prend...
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