Les aspects comiques d’une pièce de théâtre (texte et représentation) ne servent-ils qu’à faire rire ?

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  • Publié le : 3 décembre 2009
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Eléments de correction pour le sujet de dissertation :

Les aspects comiques d’une pièce de théâtre (texte et représentation) ne servent-ils qu’à faire rire ?



Eléments pour une introduction :

« Le rire est le propre de l’homme », annonçait Rabelais dans son avis au lecteur de Gargantua, mais le rire est-il aussi le propre du spectateur de pièces de théâtre, a fortiori lorsqu’ils’agit d’une comédie ? Que se cache-t-il derrière cette manifestation physique : gaieté, moquerie, cruauté ? Alceste répliquait sur un ton sans appel à Célimène qui amusait sa petite cour par les portraits cruels qu’elle dressait : « les rieurs sont pour vous, Madame, c’est tout dire ». Le célèbre Misanthrope de Molière ne dénonce-t-il pas le rire mal employé? Ainsi, nous pouvons nous demander si lesaspects comiques d’une pièce de théâtre ne servent qu’à faire rire. Force est de distinguer pour cette analyse le genre comique du registre du même nom, les dissensions entre ces deux aspects qu’on pouvait croire inséparables étant porteuses de sens. Vous verrons dans un premier temps le comique dans la comédie et la valeur cathartique du rire provoqué. Nous nous interrogerons ensuite sur lesérieux de ce comique qui, par la censure dont il est victime, témoigne de la portée satirique du rire grave. Nous parviendrons alors à définir, après le mariage improbable du « sublime » et du « grotesque » pour reprendre les termes de Victor Hugo, un comique inséparable du tragique qui provoque un rire grinçant.



Proposition de plan :



I Le comique dans la comédie : un rire cathartique(delectare)

1 le miroir inversé

La comédie issue de la tradition latine (Plaute, Terence) se veut miroir du monde : les vices portés sur scène permettent au spectateur de s’en décharger en les tournant en dérision, ce qu’il ne peut pas faire dans la vie. Svt l’occasion d’une revanche de l’esclave sur son maître chez Plaute, que l’on retrouve par ex dans l’Ile des esclaves de Marivaux : icil’ échange de costumes manifeste visuellement (et scéniquement) l’inversion des rôles et le public rit de la la manière dont chacun enfile au sens propre et au sens fig son nouveau costume (Arlequin « oui, oui, corrigeons, corrigeons !/ Iphicrate, le regardant : Maraud ! »)

2 un rire libérateur

A côté des Mystères médiévaux joués sur les parvis des églises, un théâtre de foire tire profitde la licence carnavalesque pour rire de tout sans aucun souci de moralité. La Farce de Maître Pathelin illustre la cupidité d’un marchand de draps qui sera pris au piège de ses propres manigances. Bastonnades et obscénités réjouissent le public. (cf la scène du film d’Ariane Mnouchkine retraçant la vie de Molière où celui-ci, enfant, assiste à ces spectacles sur tréteaux)

3 un jeu de scèneoutré

Comique de situation, comique de gestes : Molière puisera dans ce fonds populaire. Son jeu de scène contribuera au succès de l’Ecole des femmes où il campe un Arnolphe grotesque, à grand renfort de mimiques expressives, tradition reprise à sa manière par Louis Jouvet lorsqu’il l’incarnera à son tour en 1936. Molière crée aussi le Scapin des Fourberies : nez au vent, pieds en parenthèses,roulement d’yeux. (cf le film d’Ariane Mnouchkine qui montre Molière créant son personnage sous les yeux hilares de Madeleine Béjart)



Mais ce valet représentatif du rapport maître-esclave n’a-t-il pas une valeur subversive qui fera prendre aux censeurs la mesure du danger qu’il représente ? La comédie sur scène se mue alors en tragédie hors-scène.



II Le sérieux du comique : lerire grave (docere)

1 Valeur satirique du comique

Dans la droite ligne de la comédie grecque illustrée par Aristophane dont la verve brûlante s’inscrivait dans l’actualité de la cité se place la comédie à portée satirique.

Les divers gouverneurs et autres victimes de la plume acerbe des dramaturges soulignent le pouvoir corrosif du comique joué à leur détriment par leur volonté de les...