Les aspects verbaux

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  • Publié le : 23 mars 2010
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Les aspects verbaux

I Définition et historique de la notion

Le procès exprimé par le verbe peut être envisagé de deux manières :

- le temps (chronologie) : d’un point de vue externe, le procès est situé chronologiquement dans l’une des trois époques ( passé présent avenir), selon le rapport entre les deux repères temporels (point d’énonciation, point d’événement).
- D’unpoint de vue interne, le procès peut être envisagé en lui-même, « sous l’angle de son déroulement interne » (P. Imbs). Indépendamment de toutes considérations chronologiques, tout processus implique en lui-même du temps, une durée plus ou moins longue pour se développer et se réaliser.

Histoire : la notion d’aspect a été développée au XIX e siècle par les linguistes allemands dansl ‘étude des langues slaves, en particulier du Russe, puis dans celle du verbe grec. L’introduction de la notion d’aspect en grammaire française n’a pas été facile. (XXe).

II Les oppositions aspectuelles :

- Accompli/ Inaccompli

L’aspect accompli envisage le procès au-delà de son terme, comme étant réalisé, achevé : le repère T’ est situé au delà de la borne finale (il a voyagé).L’aspect inaccompli saisit le procès en cours de déroulement : le repère T’ peut se situer en différentes positions entre les bornes initiale et finale.
L’opposition accompli/inaccompli est systématique en français : elle se manifeste, à tous les modes, par l’opposition entre les formes composées et les formes simples du verbe (forme simple : procès en cours/ forme composée : procès achevé.)- Perfectif/Imperfectif

Cette opposition se manifeste surtout en français par le sens du verbe lui-même. L’aspect perfectif envisage le terme du procès (l’action de sortir n’est réalisée qu’après le seuil, quand on est sorti, c’est-à-dire quand on est dehors). L’aspect imperfectif envisage le procès dans son déroulement, sans visée d’un terme finale ; le procès est engagé dès que leseuil initial est franchi. Il est perçu comme indéfini et prolongeable.
Les verbes manifestent l’un ou l’autre aspect par leur sens propre. Ainsi, enter, sortir, naître, mourir, atteindre, trouver, ouvrir, fermer, casser, réparer, etc. sont nécessairement perfectifs : une fois son terme atteint, le procès qu’ils expriment ne peut être prolongé, mais il peut être éventuellementrecommencé (il devient alors cyclique : elle sort tous les soirs).
Inversement, aimer, attendre, courir, nager, regarder, durer, exister parler, marcher ramper traîner travailler, vivre, etc. sont imperfectifs : le procès ne comporte pas de limitation intrinsèque.
Certains verbes peuvent être perfectif ou imperfectif selon leurs acceptations ou leur contexte, notamment la présence oul’absence d’un complément d’objet (écrire, lire, occuper, etc.).
- Sécant/ Non-sécant

On distingue deux manières de percevoir le déroulement d’un procès. Avec l’aspect sécant, l’intervalle de référence du procès est envisagé sans limites : il est perçu de l’intérieur et découpé en deux parties : une partie réelle nette et une partie virtuelle floue, à cause de l’effacement de la limitefinale. Le procès perçu suivant l’aspect non-sécant est au contraire saisi globalement de l’extérieur, et enfermé dans des limites. Une borne finale lui est assignée.
La distinction entre ces deux aspects permet d’expliquer l’emploi de certains temps grammaticaux. Le passé simple manifeste l’aspect non sécant : dans la marquise sortit à cinq heures, le procès est situé de façon globale parrapport au repère temporel ( cinq heures) et il est enfermé dans des limites. L’imparfait de l’indicatif exprime l’aspect sécant : dans julien lisait, le procès comporte deux parties l’une réelle et l’autre virtuelle, et il n’est pas délimité par des bornes précises.
L’opposition sécant/non sécant, exprimée par les temps du verbe, s’articule avec l’opposition perfectif/...
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