Les camps de la mort (henri kichka)

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  • Publié le : 1 mai 2011
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D’après KICHKA, Henri, Une adolescence perdue dans la nuit des camps, Voix personnelles, Bruxelles, Luc Pire, 2007, 223 p.
Cela fait 67 ans qu’Henri Kichka a été libéré de Buchenwald, le dixième camp où il a été prisonnier. Aujourd’hui, grâce au soutient particulier de sa fille cadette Irène, il raconte son histoire, son enfer et son grand courage à vaincre la mort.

Le 10 mai 1940 sonexistence bascule lorsqu’il se fait capturé par les Allemands nazis, lui et toute sa famille c’est-à-dire ses deux sœurs, sa mère et son père. Il est alors interné dans le camp d’Agde. S’en suivit une suite de camps tous aussi pénible et atroce les uns que les autres. Les conditions d’hygiène sont déplorables, les règles sont strictes et il règne une discipline intransigeante. Après sa libération,Henri Kichka est passé par diverses étapes jusqu’à ce qu’il rencontre la femme de sa vie et qu’il recrée la famille Kichka. « Ma nombreuse et merveilleuse descendance représente pour moi la plus belle de revanches. Un magistral pied de nez aux nazis ! » dit-il fièrement.
La problématique qui m’a sauté aux yeux en lisant cet essai est la suivante : « Peut-on reconstruire sa vie et fonder unenouvelle famille, après avoir été persécuté dans les camps de la mort et après avoir subit la disparition tragique de tous les siens ? »

Dans une grande partie de l’essai, Monsieur Kichka nous décrit le harcèlement des bourreaux, des « anges de la mort », que sont les SS ayant remplacé la Wehrmacht en avril 1944. Ceux-ci n’étaient déjà pas de toute douceur mais les criminels SS sont bienplus cruels, brutaux, sadiques, présent et nombreux que la Wehrmacht. Voici un extrait le démontrant : « Le premier événement eut lieu lors d’une des très rares évasions (…) Le soir au retour du travail, à grands coups de gueule et de cravache, on nous fit aligner sur la place d’appel, les malades y compris. Nous tremblions comme des feuilles car nous appréhendions ce qui allait suivre. Lemalheureux fugitif se trouvait au milieu de la place d’appel, devant les 5500 détenus atterrés. Il avait été repris rapidement, grâce au flair des chiens SS (…) Dès son retour au camp, le malheureux fut dans un premier temps roué de coups, battu au sang. Ensuite les sadiques SS lui accrochèrent un écriteau autour du cou, portant l’inscription : « Ich bin schon wieder da ! » (« Je suis déjà de retour !»). Nous seulement, il fut obligé de marcher sur les genoux durant toute la journée, mais sans cesser un seul instant, il devait hurler à gorge déployée les mêmes mots, « Ich bin schon wieder da ! » jusqu’à ce qu’il défaille. Nous avions le cœur serré, car c’était la première fois que nous assistions à tant de cruauté et d’humiliation. Finalement le malheureux fut traîné jusqu’à la potence. On luinoua une corde autour du cou, puis un SS donna un coup de botte au tabouret, qui bascula. »
Les Juifs étaient traités comme des bêtes de foire, ils étaient réduits à un simple numéro et ils étaient abattus pour un moindre mal. Toutes excuses étaient bonnes pour tirer une balle dans la nuque des Juifs. Ce n’étaient que des « chiens de cochons », des « chiens misérable», des « trous du cul », des« saletés de merde », de la vermine aux yeux des nazis.

En plus de cette férocité qu’ils devaient subir, les détenus n’avaient ni droit à un lit correct, ni à du chauffage, ni aux douches (ou très rarement) et encore moins à une brosse à dent. Ce développait donc différentes infections et maladies comme les caries, les gangrènes, la tuberculose, le choléra… que les poux véhiculaient.L’hiver et la faim étaient les pires ennemis des détenus. « L’hiver se déroula, aussi atroce que les précédents. C’était le besoin fréquent d’uriner, surtout la nuit, dans des conditions que nous craignions tant. C’étaient les pieds et les mains gelées, dont mon père souffrait tant. C’étaient surtout les terribles attentes dans le froid, à l’appel du matin, qui faisaient tant de ravages parmi nous....
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