Les caprices de marianne acte 1 scène 2

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  • Publié le : 25 juin 2010
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Musset Les Caprices de Marianne, I, 2
 
Coelio est un jeune Napolitain amoureux de la belle Marianne, épouse du juge Claudio. Paralysé à l’idée de déclarer ouvertement son amour à l’objet de ses pensées, il utilise un entremetteuse, Ciuta, comme intermédiaire, puis sollicite l’aide de son ami Octave dans ce même but. A la scène 2 de l’acte I sa mère prépare chez lui un dîner à l’occasion duquelelle voudrait lui faire rencontrer une femme de son choix à elle. Coelio entre, Hermia sa mère lui reproche de garder pour lui des secrets. Dans cet extrait de la scène, la nature et le caractère de la relation de Coelio et Hermia trouve une expression particulière.
Le thème du secret occupe une place intéressante, le secret c’est l’intention cachée, il est l’indice du désir, de l’amour dontl’expression abonde dans tout le passage, enfin le récit en miroir que fait Hermia de sa jeunesse met comme en abîme l’intrigue de toute la pièce.
 
 
1a) Les secrets de Coelio, s’il en a, sont sans doute destinés à protéger son jeune amour de la curiosité d’une mère qui prétend se mêler de son intimité. Il dit pourtant ne pas en avoir en appuyant sa dénégation d’une formule apotropaïque : « et plûtà Dieu, si j’en avais, qu’ils fussent de nature à faire de moi une statue. » La formule est intéressante et ne peut renvoyer qu’à la Bible suivant l’invocation de Dieu avec majuscule qui ne peut être, suivant les conventions d’écriture, le singulier et la majuscule, que le dieu des Chrétiens. Une personne est transformée en statue (de sel) dans la Bible, c’est la femme de Loth au sortir de Sodomepour s’être retournée vers la ville en flamme, manifestant ainsi son regret, et ce, contre la défense expresse de Dieu. L’image est complexe car, celle qui se tourne vers le passé c’est Hermia et non pas Coelio. Ainsi l’absence de secret pour Coelio signifierait l’absence de regret du passé.
1b) Mais la formule du fils ne convainc pas la mère persuadée qu’il lui cache ses ennuis. Les secretsdeviennent des ennuis, coupant les deux membres épars d’une première coalescence : « votre petite tête blonde tenait par un fil bien délié au cœur de votre mère. » Cette symbiose perdue était l’absence de secret, chaque chose passait du corps filial au corps maternel. Le secret est la manifestation du détachement, la fin de la coalescence symbiotique. Curieusement la mère devient vieille sœur, commesi la réserve du secret revenait davantage à la relation horizontale du frère et de la sœur et moins à celle verticale de la mère et du fils, c’est, bien sûr, qu’Hermia devine en Coelio la peine d’amour, elle sollicite ainsi la confidence tout en reconnaissant son impuissance à soulager son fils, pourtant la rencontre organisée avec la comtesse Pergoli, au tableau précédent, montre bien qu’elle apensé, en matière d’amour également, aller au devant des désirs de Coelio.
1c) Mais Hermia aussi a son secret, un secret d’amour et de mort que lui rappelle Coelio. Nouvel étonnement, Coelio réveille l’histoire passée, l’histoire cachée d’un : « vous n’avez point aimé » comme s’il s’agissait davantage d’une histoire de non-amour, d’une histoire sans amour. Un homme qui aime une femme qui nel’aime pas, une femme, peut-être, incapable d’aimer un homme et que son seul amour, celui pour son fils, en fera la meurtrière. Hermia parle, elle parle beaucoup même, le contenu d’une longue tirade pour raconter un secret dont nous savons que c’est aussi celui de son fils, comme si, Coelio, en faisant ressurgir dans la parole de sa mère le secret de sa jeunesse, lui confiait son propre secret, celui del’amour de Marianne, Marianne qui n’aime pas, incapable peut-être d’amour et que Coelio aime donnant chaque fois sa vie comme gage de cet amour qui n’est pas.
 
 
2a) D’amour il est pourtant question d’un bout à l’autre de notre texte, sinon de la pièce toute entière. L’amour de la mère, subjectif et objectif, celui qu’elle éprouve, celui qu’elle suscite, mais c’est dans une forme...
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