Les cause d'enron

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  • Publié le : 6 avril 2011
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D'Enron à Ahold en passant par Parmalat, les récents scandales financiers exposent à la critique les commissaires aux comptes, analystes, agences de notation, régulateurs et banquiers. Ils sont accusés de ne pas avoir pleinement joué leur rôle de contrôle ou d'alerte.
Les plaintes de petits actionnaires s'estimant lésés s'accumulent en Italie, au fur et à mesure que les enquêtes progressent surles scandales Parmalat et Cirio. Jour après jour, le grand public découvre des réalités insoupçonnées. Après les dirigeants inculpés et arrêtés, les mises en cause s'élargissent. Commissaires aux comptes, agences de notations, banquiers, analystes se retrouvent sur le banc des accusés. Mercredi 25 février, la tension est encore montée après la citation directe du gouverneur de la Banque d'Italielui-même, Antonio Fazio. Interrogés par une commission parlementaire il y a une semaine, les principaux banquiers italiens du groupe laitier en faillite ont tous adopté la même défense : "On ne peut rien contre quelqu'un décidé à tromper et à truquer les comptes", ont-ils tous expliqué aux députés. A l'étranger, la vision de nombreux observateurs est à peu près identique. Parmalat ne serait qu'unede ces escroqueries qui émaillent l'histoire de l'économie mondiale.
 
D'Enron à Worldcom en passant par Tyco, Ahold ou Vivendi, la liste des affaires, cependant, ne cesse de s'allonger depuis trois ans. A chaque fois, les experts invoquent la malhonnêteté, la malchance, l'erreur de gestion. Pourtant, même si tous essayent de relativiser l'importance des derniers scandales pour le systèmefinancier international, la nervosité règne sur les marchés. Au moindre doute, la sanction tombe. Début janvier, l'entreprise d'intérim Adecco a perdu 48 % en une séance pour avoir retardé la publication de ses résultats.
 
En dépit des nombreuses déclarations faites par les différentes autorités pour rassurer les marchés, l'ambiance de soupçon qui pèse sur le système financier n'est pas dissipée.Dans la chaîne des responsabilités, les professionnels du chiffre - commissaires aux comptes, banquiers, analystes, agences de notation, autorités de contrôle - sont les plus exposés.
 
A chaque niveau, les contrôles censés vérifier la réalité d'une situation, mettre au jour des risques cachés ou des dysfonctionnements ne semblent pas avoir fonctionné. Manque de rigueur, manque d'indépendance parrapport aux clients, intérêts inavoués ? Les autorités publiques le pensent.
 
Très prompt à réagir après l'affaire Enron, le gouvernement américain a voté la loi Sarbanes-Oxley pour renforcer tous les dispositifs de contrôle. La palette des mesures est large, allant des obligations d'information des entreprises à la séparation du conseil et de l'audit dans les grands cabinets comptables, enpassant par des règles strictes de séparation entre les activités de recherche financière et de conseil en placement au sein des banques. Et, pour faire bonne mesure, les autorités judiciaires et boursières ont déjà imposé des centaines de millions d'amendes aux banques et aux entreprises qui avaient détourné les règles et trompé le public.
 
L'Europe en est davantage au stade de la réflexion. Danstous les pays, comme au niveau communautaire, on parle de renforcer les règles de gouvernement d'entreprise, d'imposer de nouveaux codes de conduite aux auditeurs et aux analystes. Mais chacun décide de prendre son temps, persuadé, comme l'affirme Frits Bolkestein, commissaire chargé du marché intérieur, qu'"une législation passée à la hâte, après une réflexion insuffisante, pourrait créerdavantage de problèmes de régulation qu'elle n'en réglerait".
 
LA DÉSAGRÉGATION D'ANDERSEN
 
Si les professionnels du chiffre sont d'accord pour une remise à plat de certaines pratiques, ils n'entendent pas être des boucs émissaires. Tous remarquent que, pour l'instant, dans le scandale Enron, un seul a payé le prix de la faute : Andersen, premier cabinet mondial d'audit, qui s'est désagrégé en...
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