Les choses de g perec

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  • Publié le : 30 décembre 2010
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Les Choses, une histoire des années soixante, Georges Perec (1965)

Résumé
Agés de trente ans, Jérôme et Sylvie sont psychosociologues mais alternent les petits boulots. Ils habitent dans un petit studio mais imaginent leur avenir dans un bel appartement au milieu duquel trônerait un canapé Chesterfield, ultime symbole de leur réussite : « La vie, là, serait facile, serait simple. Toutes lesobligations, tous les problèmes qu’implique la vie matérielle trouveraient une solution naturelle. » Le week-end, Sylvie et Jérôme courent les antiquaires, les salles des ventes et les brocantes à la recherche de "choses" anxieux de les posséder : du meuble de leur rêve, de l'objet qui les rendra, pensent-ils, heureux. Leur vie est donc centrée donc sur l'accomplissement de leurs désirsmatérialistes : « Il leur semblerait qu'une vie entière pourrait harmonieusement s'écouler [...] entre ces objets si parfaitement domestiqués, entre ces choses belles, simples, douces et lumineuses ». Malgré le désir de s’enrichir, le couple n’a pas l’intention de sacrifier son mode de vie pour atteindre ce but : « Ils pouvaient, tout comme les autres, arriver ; mais ils ne voulaient qu’être arrivés. »Cependant l’immensité de leur désir les paralyse, peu à peu, l'ennui les guette et un sentiment de vide les envahit. Lucides, leurs aspirations leur semblent parfois « désespérément vides ». Peu à peu, ils s'enferment dans un monde qu'ils imaginent plus qu'ils ne le vivent. «Mais ici de nos jours et sous nos climats, de plus en plus de gens ne sont ni riches ni pauvres : ils rêvent de richesse etpourraient s’enrichir : c’est ici que leurs malheurs commencent. » N'ont-ils pas fait fausse route ? Quid des relations sociales ? De l'humain ? Trouveront-ils le bonheur dans cette course à la possession des choses ? Cette incessante quête du luxe, sans action(s) en conséquence, va les entraîner à vouloir fuir. Fuir pour se reconstruire ou fuir pour oublier ? Mais, à trente ans, ils n’ont pas lesmoyens de se révolter ; pour eux il est déjà trop tard. Après huit mois passés en Tunisie, ils rentrent à Paris et se décident à exercer leur métier avec application. A eux enfin ces choses dont ils ont toujours rêvé : les fauteuils en cuir, les bibliothèques en bois blond et les tapis de soie. A la génération suivante, les pavés et les slogans…

Une histoire de son temps et une analysesociologique
Dans Les Choses, Georges Perec, réussit à capter l’air du temps, celui de l’année 1965. L’auteur restitue les sentiments confus de toute une génération. Celle de jeunes actifs déchirés entre leur désir de vivre sans contraintes et les balbutiements de la société de consommation. C'est donc toute une époque qui est passée à la loupe, de nouveaux comportements et les premiers effets del'installation du capitalisme libéral sur les consciences et les modes de vie. Cet écrit s'apparente alors à un essai sur la naissance de la société consumériste (les années 60, les 30 Glorieuses).
Perec nous décrit ainsi la vie quotidienne d'un jeune couple issu des classes moyennes, élevé dans un milieu petit bourgeois, dans une société où la consommation définit l’homme. Il nous dévoile l'idéeque ces jeunes gens se font du bonheur, les raisons pour lesquelles ce bonheur leur reste inaccessible - car il est lié aux choses que l'on acquiert, il est asservissement aux choses. « C'est qu'il y a (dira Georges Perec), entre les choses du monde moderne et le bonheur, un rapport obligé... ». Mais, ce bonheur demeure impossible car, dans notre société capitaliste, ces choses promises ne sont paschoses dues. Ce couple est donc terrassé par des besoins incessants que le manque d’argent ne peut combler. Jérôme et Sylvie se sentent dérobés du droit qui leur semble divin de pouvoir bénéficier de ce que la « vie » offre de mieux. Après tout, comme le dit Perec, «Dans le monde qui était le leur, il était presque de règle de désirer toujours plus qu’on ne pouvait acquérir. Ce n’était pas eux...
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