Les classes laborieuses en angleterre de 1832 à 1852

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  • Publié le : 6 février 2010
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Les classes laborieuses au Royaume-Uni de 1837 à 1851

Etre laborieuses au sens d’ industrieuses, toutes les classes sociales britanniques ne le prétendent-elles pas peu ou prou au cours de l’ère victorienne inaugurée en 1837 ? En effet Victoria, par le style économe et vertueux de la Cour, introniserait l’éthique bourgeoise du labeur, tout à la fois garant de l’enrichissement et remèdecontre les vices, à l’opposé de l’éthique nobiliaire de la dépense et du loisir. En 1851, à l’ouverture de la première Exposition universelle de l’industrie, le Royaume ne se présente-t-il pas comme une gigantesque ruche, du Prince organisateur aux charpentiers, en passant par les capitaines d’industrie ? Cependant, à la suite des analystes contemporains comme Engels dans Les conditions de laclasse laborieuse en Angleterre (1845), il nous faut opposer classes laborieuses et classes non laborieuses . Laborieuses celles dont les individus peinent sans grand profit personnel dans un travail manuel directement productif, soit au total autour de quatre Britanniques sur cinq ; ensemble de groupes dont les frontières supérieures ne sont ni juridiques ni linéaires, aux confins du peuple («upper-lower class ») et de la bourgeoisie (« lower-middle-class »). Classes, parce que les individus sont regroupés par les observateurs ou par eux-mêmes en catégories partageant des points communs, se distinguant des autres classes , par leur qualification, leur revenu, leur résidence, leur secteur d’activité, leur statut juridique : sommairement la paysannerie laborieuse, la classe ouvrièresalariée, les micro-entrepreneurs. Diverses, ces classes laborieuses s’unissent-elles autrement que dans le regard des classes dirigeantes, qui les célèbrent d’autant plus lors de l’Exposition qu’elle les ont craintes depuis 1837 ?
Si les classes laborieuses sont divisées par leurs fonctions (I) , elles sont victimes d’une commune précarisation (II), d’où des lutes pour améliorer leur quotidien (II).*************************************************

Les classes laborieuses n’échappent pas à un travail éreintant, qui se recompose sous l’effet de la Révolution industrielle : les déclins relatifs d’une paysannerie laborieuse privée du sol (A) et d’un artisanat de plus en plus distinct du patronat industriel (B) nourrissent l’essor relatif d’une classe ouvrière salariée de plus enplus dualiste (C).

La paysannerie laborieuse, principale des classes laborieuses rurales, laboure une terre qui lui échappe de plus en plus. En effet la structure de la propriété lui est défavorable . Certes dans les marges celtiques de Grande-Bretagne (Cornouailles, intérieur du pays de Galles, Highlands) subsiste une petite paysannerie en faire valoir-direct, descendante des « yeomen »médiévaux . Mais ces maigres terres, déjà se morcèlent en micro-exploitations du fait de la forte croissance démographique, contraignant ces hommes libres à l’émigration, vers l’Angleterre noire ou bien l’outre-mer, qui leur promet de nouvelles terres.(90)
Car dans les îles britanniques 4/5° du sol, la part la plus fertile et la mieux mise en valeur, est aux mains de quelques milliers de grandspropriétaires, pour la plupart nobles : des domaines de plusieurs centaines ou plusieurs milliers d’hectares, issus des « enclosures » , c’est-à-dire la transformation des seigneuries en pleines propriétés au XVI-XVII° En Irlande, possédés par les descendants des colons anglais protestants, ils sont exploités par des petits métayers catholiques, formant la majorité absolue de la population, à lacondition précaire : en échange de la fourniture du capital d’exploitation (bétail, semences, instruments aratoires) par le « land-lord », ils doivent verser la moitié ou plus de la récolte, faute de quoi ils sont expulsés sans ménagements ni indemnités.(125)
En Grande-Bretagne, et particulièrement en Angleterre, un million de journaliers chasés, les « cottagers » travaillent pour un quart de...
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