Les colchiques

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  • Publié le : 10 juin 2010
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Les Colchiques
Apollinaire

Introduction
      Dans ce poème Les Colchiques, la femme est associée à une fleur, la colchique. Mais cette fleur est vénéneuse, c’est un poison. C’est donc l’inverse du mythe de la femme fleur. Ce poème a été pour la première fois publié le 15 novembre 1907 dans le journal la Phalange.
      C’est un poème d’inspiration allemande rédigé en 1901 qui vient aprèsles poèmes de la chanson du mal aimé. On est face à un échec amoureux. A la même époque, il rencontre Annie Playden. Chez Apollinaire, le sentiment d’être mal aimé est constitutif de sa nature même.

Problématique : Comment Apollinaire réutilise-t-il un mythe ancien à travers une forme poétique nouvelle ?

Lecture du poème

Annonce des axes

Etude
I- L’utilisation d’un mythe
Pour direque l’amour est un poison dont il faut s’éloigner, Apollinaire réutilise le mythe de la femme fleur déjà utilisé par Ronsard. Mais dans cette comparaison, l’amour de la femme est toujours une souffrance.
A- La fleur présentée comme un poison
Les colchiques sont des plantes des prés qui sont un poison violent pour les hommes et les animaux. Le verbe « s’empoisonne » revient deux fois dans lepoème. Une correspondance s’établit entre les vaches et le poète. Il existe un autre point de comparaison : c’est la notion de temps pour symboliser la conséquence qui peut être la mort (lentement, tout doucement). La relation se fait autour du verbe empoisonner et de l’adverbe lentement pour insister sur la lenteur des animaux et de la mort. On a un sentiment d’étirement de quelque chose dont on nevoit pas la fin, de délitement. L’amour ne va-t-il pas se défaire avec le temps ?
B- La présence de la femme et l’inversion du mythe
C’est étonnant que la femme soit présente. La présence du regard qui tue et fascine est récurrente chez Apollinaire. La femme est présentée à travers le regard (yeux, paupières). C’est un dialogue à une seule voix, la parole du poète qui s’adresse à la femmeaimée. Il y a une construction en miroir : les animaux s’empoisonnent par la fleur et le poète s’empoisonne aussi. Il y a un étiolement de l’amour qui devient un faux-amour .
Adieux faux amour confondu
Avec la femme qui s’éloigne
Avec celle que j’ai perdue
L’année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus
La chanson du mal aimé
L’autre élément féminin, c’est les mères filles de leursfilles : au printemps, le colchique donne des fruits et des fleurs en automne, il y a inversion du temps et de la logique par un retour paradoxal. Les yeux sont comme des fleurs, les fleurs sont des mères filles de leurs filles. Les vers 10-11-12 sont des vers libres à 14 pieds : c’est l’extension maximale de l’alexandrin qui permet d’introduire une autre comparaison : les paupières sont comparéesaux fleurs. Donc les paupières et les fleurs vont se flétrir puisqu’elles battent. Le vers s’étire comme l’amour s’étire, comme la fleur flétrit par le battement du vent. Aux vers 5-6, la comparaison est faite entre la fleur et les yeux. Les yeux sont comme la fleur qui est violette comme les cernes des yeux et comme l’automne. Le suffixe –âtre (violâtres) est péjoratif mais le pluriel –s apparenteles yeux aux cernes.
La couleur concerne plus les yeux. Au vers 4, le colchique couleur de cerne et de lilas répond en chiasme à violâtre comme leur cerne. Il y a une superposition. La comparaison tourne en rond. Cette superposition de comparaisons permet l’expression d’un amour qui se perd dans un dialogue avec un être qui est absent. Il y a construction d’une image de la femme avec inversion dumythe de la femme fleur. Donc il vaut mieux quitter les yeux de la femme bien-aimée car elle peut empoisonner.

II- Un cadre de chanson rustique
Le cadre construit une image négative de la femme. Il va inscrire ce thème dans un cadre bucolique qui malgré tout construit une inquiétude.
A- Les lieux
Tout d’abord, on a le pré qui va évoluer entre le premier et le dernier vers du poème....
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