Les conventions au thêatre

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  • Publié le : 27 avril 2010
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I) En quoi le théâtre est-il conventionnel ?

1) Historiquement, le théâtre a toujours connu des conventions

- Dès la Grèce antique, le théâtre apparaît comme un genre fortement codé.
Ex : les acteurs masqués portant des cothurnes + le plan des théâtres avec des espaces réservés pour le chœur, les acteurs, l’arrivée des dieux, etc.
- Au fil des siècles et selon les pays, les conventionsse modifient mais elles continuent d’exister.
Ex : le théâtre classique français et la règle des trois unités (lieu, temps, action) + règle de bienséance. A l’époque, le théoricien Boileau présentait ces conventions comme une nécessité pour rendre le spectacle théâtral « vraisemblable ».

2) Ces conventions sont liées à la nature même du théâtre dont la finalité est la représentation

- Lefait de la représentation dans un espace physique clos rend inévitable l’existence de conventions.
Ex : dans les théâtres occidentaux (bâtiments fermés le plus souvent) on est confronté au problème de la disposition de la salle et de la séparation des acteurs (la scène mais aussi les coulisses, les loges) avec les spectateurs (les sièges mais aussi le hall d’entrée, le foyer, etc.).
- Sur lascène, les conventions sont également nombreuses (même si elles ont elles aussi évolué au fil des siècles).
Ex : le décor5. Celui-ci est censé représenter un élément réel, alors que chacun voit bien qu’il est fictif. Les spectateurs (mais aussi les acteurs) feignent de croire à la réalité de morceaux de carton, de bois, de tissu. De même, ils feignent de croire que les éclairages sont ceux dusoleil, du clair de lune etc.

3) Enfin, les conventions au théâtre sont inévitables du fait de la situation de communication

La communication au théâtre est rendue complexe parce que l’auteur (locuteur) choisit de parler au spectateur (destinataire) par l’entremise d’acteurs. Cette situation, au moment où la pièce se déroule, conduit chacun à passer un accord tacite (une convention)indispensable.
- Tout d’abord, l’auteur (ne pouvant recourir à un narrateur) utilise des artifices de langage que chacun accepte comme s’ils allaient de soi. Ce sont d’abord les monologues sans lesquels on ne saurait rien des pensées du personnage6. Autre artifice du même ordre : l’aparté qui oblige à croire que le personnage présent physiquement sur la scène n’a pas entendu.
Ex extrême de monologuedélibératif, les stances du Cid.
- Concernant l’acteur, personne ne s’étonne du fait qu’on l’ait vu mourir à l’acte V et qu’il se relève pour les applaudissements. On ne s’intéresse à lui que lorsqu’il est sur scène. Personne ne se demande ce qu’il peut bien faire pendant qu’il est dans les coulisses.
- Le spectateur quant à lui est conduit à tenir le rôle de voyeur. Il n’agit pas et les acteurs fontcomme s’il n’était pas là. Et si parfois, un acteur prend soudain à parti le public, l’effet de surprise qu’il crée, montre bien à quel point il s’agit d’une transgression des conventions. Selon les cas, cela produit un effet comique ou un malaise.
Ex : L’Avare III, 7 Harpagon s’adresse au public pour savoir qui lui a volé sa cassette (effet comique) .
Le spectateur sait que le théâtre ne peutexister en dehors de toute convention. Il sait que par nature le théâtre est « artifice ». Il semble d’ailleurs difficile de remettre en cause les conventions qui touchent à la communication et (dans une moindre mesure) celles qui renvoient aux conditions matérielles de représentation. Mais il est un autre type de conventions qui peuvent nous conduire à nous interroger sur l’acceptation etl’approbation du spectateur : ce sont les conventions liées à une époque, une esthétique.

II) Pour quelles raisons le spectateur accepte voire sollicite ces conventions ?

1) Le spectateur accepte ce qui lui semble conforme à son époque

- Certains codes culturels véhiculés par le théâtre existent parce qu’ils sont ceux qu’une société donnée a produits. Ils appartiennent à une époque, un temps...