Les croisades

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  • Publié le : 5 octobre 2010
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Les croisades

En 1074, le pape Grégoire VII, prenant prétexte de la poussée des Turcs Seldjoukides en Asie Mineure (ils avaient écrasé les Byzantins à la bataille de Mantzikert en 1071) et du devoir de solidarité avec les chrétiens d'Orient, prépara une expédition qui n'aboutit pas. Le projet fut repris par Urbain II en 1095, au concile de Clermont.

La première croisade (1095-1100)
Lepremier appel à la croisade fut d'autant mieux entendu que le pape donna à l'entreprise un caractère méritoire: il promit l'indulgence plénière aux futurs croisés; pour susciter davantage la piété occidentale, les milieux romains rappelèrent la destruction de l'église du Saint-Sépulcre, commise au tout début du siècle par le calife fatimide al-Hakim. Reprise et répandue par des prédicateurspopulaires, dont le principal fut Pierre l'Ermite, l'invitation pontificale à la guerre «juste» reçut un accueil profond. Ainsi embrigadés, de nombreux pèlerins partirent dès le printemps de 1096; en Allemagne et en Europe centrale. Le passage de ces premiers croisés donna lieu à l'un des plus grands pogroms de l'histoire dont les juifs, considérés comme déicides, furent les victimes. Cependant,parvenues quelques mois plus tard en Asie, ces bandes de pèlerins, conduites par Gautier Sans Avoir, furent massacrées par les Turcs.  
Par la suite s'ébranlèrent - par la voie du Danube ou celle de l'Adriatique et de la Grèce - quatre armées de chevaliers: la première, venue de la France du Nord et de la Basse-Lorraine, sous les ordres de Godefroi de Bouillon; la deuxième, de la France centrale, sousceux du comte Etienne de Blois et de Robert I er, duc de Normandie; la troisième, de la France du Midi, sous le commandement de Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, et sous l'autorité formelle du légat du pape, Adhémar de Monteil; la quatrième, de l'Italie méridionale, conduite par Bohémond Ier, prince normand de Sicile. Les armées se rejoignirent devant Constantinople. Là apparut uneéquivoque quant aux buts de l'expédition: les Byzantins en attendaient un renfort contre leurs ennemis turcs; les chefs croisés plaçaient leur mission dans la conquête de la Syrie-Palestine. On aboutit à un compromis: Alexis I er Comnène s'engagea à ravitailler et à aider les croisés, contre la restitution aux Byzantins des villes prises par les Turcs.  
En Asie Mineure, les armées franques défirent lesTurcs, s'emparèrent de Nicée et de quelques autres places, qui furent rendues aux Byzantins. Cependant, parvenus en Syrie, les chefs de la croisade, en l'absence d'un commandement unique, agirent pour leur propre compte. En 1097, ils prirent Edesse, où Baudouin Ier de Boulogne, frère de Godefroi de Bouillon, forma un comté, et en 1098 Antioche, qui devint une principauté au bénéfice de Bohémond.Puis en 1099, ils assiégèrent Jérusalem, qu'ils saccagèrent et dont ils massacrèrent les habitants; les barons en firent un royaume, qu'ils confièrent à Godefroi de Bouillon, auquel succéda, à sa mort, son frère Baudouin. Le comté de Tripoli échut à Raimond de Saint-Gilles. Dans ces quatre Etats latins d'Orient, les Français du Nord, les Provençaux et les Normands d'Italie implantèrent leursinstitutions propres.

La deuxième croisade (1144-1148)
Au début du XII e  siècle, grâce au concours intéressé et efficace des Génois et des Pisans arrivés en renfort, l'expansion franque s'étendit à de nombreuses autres villes côtières de Syrie-Palestine. Raimond de Saint-Gilles prit Tortose, au nord de Tripoli, et fit édifier la citadelle du Mont-Pèlerin. Le royaume franc de Jérusalem s'enrichitd'Arsouf, de Césarée, d'Acre, de Beyrouth et de Sidon, dont la défense fut confiée à l'ordre militaire des Templiers. Ces succès initiaux, facilités par l'état de division politique de l'Islam, se révélèrent vite précaires. Dès 1128, le gouverneur turc Zangi unifia sous son autorité les provinces de Mossoul et d'Alep: en 1144 il reprit Edesse.  
La chute du premier Etat franc décida le pape...
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