Les cyniques comme critique de la culture/présentation du cynisme

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  • Publié le : 9 décembre 2010
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Les cyniques comme critique de la culture :
Si l’on prend la définition du Petit Larousse, au mot « cynique », on obtient : qui s’oppose effrontément aux principes moraux et à l’opinion commune ; impudent, éhonté. Ce qui semble remarquable est que la signification qu’on attache à ce terme provient directement de la pensée de l’école fondatrice du « cynisme », mouvement contestataire, né au IVèmesiècle avant JC, autour de Diogène de Sinope, dit le « chien », et de ses disciples. Le mot cynique, qui aujourd’hui peut être utilisé dans le langage courant, a donc pris tout son sens il y a plus de deux mille ans. Au fil des siècles, s’est effacée la légende de Diogène et de son tonneau, mais jamais la critique virulente qu’il a pu donner de la société grecque. Nous avons oublié les figures ducynisme, mais pas sa philosophie. C’est formellement au Vème siècle après JC, que le courant meurt en même temps que son dernier représentant, Saloustios, philosophe grec très proche du néoplatonicien Proclus. Mais après, ce sont foules d’écrivains, d’artistes et de penseurs, se sentant proches du cynisme, sans pour autant appartenir à cette école, qui en perpétueront les valeurs. Aux origines ducynisme, se constate un lien très fort avec le mouvement socratique et platonique. Il faut bien voir que les deux courants de pensée se sont fixé comme quête, une recherche individuelle de la véritable sagesse. Antisthène, le père du cynisme (celui-ci discourait et s’exerçait au gymnase des « cynosarges », d’où l’origine du mot « cynique »), fut l’un des élèves de Socrate.
La critique cyniques’étend à tous les domaines, politiques, moraux, religieux, littéraires et philosophiques. Elle est une contestation radicale de toutes les valeurs traditionnelles et prône une voie courte pour accéder au bonheur, qui consiste en une ascèse physique dont la finalité est morale. Julien, cynique romain de l’époque impériale parlait de la connaissance de soi et des rapports entre l’âme et le corps. Pourcomprendre l’émergence d’une telle pensée, il faut contextualiser sa naissance. Diogène et Antisthène avant lui, ont vécu à une époque où la civilisation grecque connaît les débuts de sa décadence, à une époque où la parole est un instrument du pouvoir. A cet égard, nous pouvons mentionner les luttes célèbres que se livraient Démosthène et Eschine à Athènes, où l’omniprésence des enseignementssophistes. Les cyniques, eux, préfèrent aux subtilités du discours, la force des actes, à la manière de Socrate dans la description qu’il donne de l’expérience existentielle de l’homme sage. 
La question, qui nous pousse à nous interroger sur une possible critique de la culture par les cyniques, semble assez problématique. En effet, les cyniques ont vécu à une époque bien particulière de notrehistoire, en grande partie durant l’Antiquité. Or, le concept de culture y était ambivalent. On entendait par culture, principalement l’entretien des champs. Et même si la signification existait peut-être auparavant, il faut attendre Cicéron pour que le terme de cultura animi, c’est à dire de culture individuelle, émerge. La culture, au sens d’un groupe de personne réuni par des mêmes rites, des mêmesvaleurs, des mêmes usages, paraît quant à elle anachronique. Le terme linguistique n’existe pas, même si on pouvait parler de civilisation grecque, comme d’une population parlant une langue commune, la Koinè, et partageant une religion, dont certains sanctuaires, Delphes, Dodone, Olympie, étaient des lieux où les habitants des différentes cités faisaient peu de cas de leurs divergences politiqueset d’origine.
Finalement, la critique adressée par les cyniques à la culture ne sera pas forcément directe. Elle procédera de deux considérations. L’une sera positive. Les cyniques sont tenants d’une éthique, d’une morale de développement de la sagesse. Comme l’a dit Antisthène : La culture ne consiste pas forcément à lire mais à posséder l’intelligence, qui est une chose exigeante, la plus...
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