Les deux amis de bourbonne

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  • Publié le : 27 mars 2010
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« ...Nés le même jour, dans la même maison, et de deux soeurs ; (...) nourris du même lait, (...) élevés ensemble... »,
Olivier et Félix « s’aimaient comme on existe, comme on vit, sans s’endouter... ». Cela pourrait ressembler aux premières
lignes d’un conte de fées, mais Diderot préféra qualifier les quelques pages des Deux Amis de Bourbonne, écrit en
1770, de « conte historique ».
Olivieret Félix se sont sauvé mutuellement la vie plusieurs fois. Ils tombent amoureux de la même femme : pour laisser
Olivier vivre sa passion, et aussi parce qu’il est « dégoûté de la vie », Félix se «précipita dans toutes sortes de métiers
dangereux : le dernier fut de se faire contrebandier ». Dans l’extrait suivant, Diderot oppose à la morale admirable de
l’amitié, l’injustice terrible de ceuxqui exercent le pouvoir judiciaire.
Vous9 n’ignorez pas (...) qu’il y a quatre tribunaux en France, Caen, Reims, Valence et Toulouse10, où les contrebandiers11
sont jugés ; et que le plus sévère desquatre, c’est celui de Reims, où préside un nommé Coleau12 ; l’âme la plus féroce
que la nature ait encore formée. Félix fut pris les armes à la main, conduit devant le terrible Coleau, et condamnéà mort,
comme cinq cents autres qui l’avaient précédé. Olivier apprit le sort de Félix. Une nuit il se lève d’à côté de sa femme,
et sans lui rien dire il s’en va à Reims. Il s’adresse au juge Coleau; il se jette à ses pieds, et lui demande la grâce de
voir et d’embrasser Félix. Coleau le regarde, se tait un moment, et lui fait signe de s’asseoir. Olivier s’assied. Au bout
d’une demi-heure,Coleau tire sa montre, et dit à Olivier : « Si tu veux voir et embrasser ton ami vivant, dépêche-toi ;
il est en chemin ; et si ma montre va bien, avant qu’il soit dix minutes il sera pendu ». Olivier,transporté de fureur, se
lève, décharge sur la nuque du cou au juge Coleau un énorme coup de bâton, dont il l’étend presque mort ; court vers
la place, arrive, crie, frappe le bourreau, frappe...
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