Les deux grandes theories du chomage

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Les deux grandes théories du chômage | 30 janvier 2007
Il existe deux grandes approches au sujet de l'explication du phénomène du chômage. La première approche (celle qui domine depuis le début des années 80) d'orientation libérale consiste à dire que le chômage résulte des défaillances du marché du travail. En d'autres termes, s'il y a chômage, c'est parce que l'offre et la demande de travailne sont pas équilibrées. Et pourquoi ne sont-elles pas équilibrées ? Parce que le marché est régulé de l'extérieur par tout un ensemble d'acteurs et d'institutions qui empêchent au marché du travail de fonctionner convenablement, c'est-à-dire sans entrave.

Ces « empêcheurs de marché en rond » sont plus exactement au nombre de trois :

-        l'Etat qui institue un salaire minimum (SMIC) etce faisant qui élimine du monde du travail des salariés dont la productivité serait inférieure à leur coût salarial pour les entreprises. L'Etat encore une fois qui fait peser des charges patronales et sociales trop lourdes sur l'emploi, ce qui a pour effet de réduire le niveau de l'emploi.

-        Les syndicats qui empêchent les patrons de flexibiliser la main d'œuvre lorsque la conjonctureest néfaste ou qui refuse toute diminution de leur quantité de travail, et/ou de leur salaire.

-        Enfin, les systèmes d'indemnisation du chômage qui seraient trop élevés et qui inciteraient les agents à privilégier le chômage au travail (Pour preuve s'il l'en est besoin : il y a environ 300 000 emplois qui ne sont pas pourvus en France alors que le niveau de chômage est particulièrementélevé).
 
Cette approche part donc de l'idée selon laquelle le chômage résulterait des dysfonctionnements du marché du travail ; dysfonctionnements qui seraient de la responsabilité de l'Etat et des salariés eux-mêmes. Ce faisant, s'il y a chômage, ce chômage est « volontaire » (on parle aussi de chômage classique en référence à la théorie classique et néoclassique de l'autorégulation desmarchés). En effet, si on laissait le marché du travail libre d'entrave, l'offre et la demande s'équilibreraient à court terme en faisant jouer les prix  à la baisse ou à la hausse, de telle sorte que le chômage résiduel serait un simple « chômage frictionnel » (c'est-à-dire un chômage qui correspond au temps nécessaire de réallocation d'emploi suite à sa perte). L'hypothèse néoclassique repose donc surl'autorégulation des marchés et sur la flexibilité des prix qui permet le retour rapide à l'équilibre.

En outre, cette théorie s'appuie donc sur le postulat d'efficience du marché du travail. Ainsi sans intervention extérieure, le marché s'autorégulerait de lui-même. En période de croissance, la demande de travail serait plus forte (celle qui émane de l'entreprise) et donc l'offre de travailserait plus satisfaite. Ce faisant, l'offre allant en se réduisant (tous les actifs ayant un emploi), la demande serait  excédentaire (manque de main d'œuvre sur le marché de l'emploi). Dès lors, la production diminuerait, et avec elle diminuerait progressivement les profits. La demande de travail ralentirait, l'offre et la demande s'équilibreraient alors (à moins de débouchés extérieurs et de maind'œuvre étrangère).

A l'inverse, en situation de récession, l'offre de travail est excédentaire. La demande de travail est alors faible. Les employeurs sont donc amenés à diminuer les salaires (coût du travail) afin de relancer leur production et leur profit. Ce faisant, en diminuant le coût du travail, ils pourront plus aisément embaucher davantage de travailleurs. L'offre de travail viendraitalors égaliser la demande via une baisse des salaires. On retrouverait un équilibre walrassien (de Léon Walras, théoricien de l'équilibre néoclassique) à la baisse.
 
Mais le marché est-il véritablement autorégulé ? En dehors de tout interventionnisme, aurait-on un niveau de plein-emploi de l'économie ? Rien est moins sûr. En effet, le travail contrairement à d'autres biens n'est pas une...
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