Les discours

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  • Publié le : 12 décembre 2010
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Le Banquet, Platon
I : Problème central de l’œuvre.
Dans ce récit d’un banquet, rapporté par Apollodore, auquel vont prendre part plusieurs grands noms de la Grèce antique tels que Socrate ou Aristophane, nous sommes les témoins d’une tache plus que délicate. Cette tache consiste en un éloge à Eros, dieu de l’amour, dans un premier temps, puis en une recherche de ce qu’est l’amour, unetentative de définition de l’amour et du désir. Chaque convive, guidé par ses propres désirs, fera partager aux autres ses conceptions sur le sujet.
Au point de vu philosophique ce texte est d’une grande valeur car, sous ses allures de récit de beuverie, il réussit, grâce au génie narratif de Platon, à nous guider vers la vraie définition de l’amour, donnée par Socrate lui-même. Il faut voir en lasuccession des discours une progression de la pensée philosophique vers la vérité.
II : Les discours
Le Banquet est donc un dialogue philosophique constitué par une suite de discours prononcés par les différents convives de ce banquet. A ce banquet nous n’assistons pas directement. En effet ce récit nous paraît lointain car en lisant Platon, nous écoutons Apollodore nous rapporter ce qu’Aristodème àlui-même entendu pendant cette soirée.
Le texte commence donc par une explication par Apollodore de ce que fût ce banquet auquel il n’a pas assisté. Il conte donc à son interlocuteur, et à nous, ce qu’Aristodème lui a rapporté. Ceci permet à Platon de mettre en place la dimension de ce banquet car il à dû être intéressant s’il se transmet ainsi, de personne à personne. Apollodore nous conteensuite les circonstances du banquet, donné par Agathon pour célébrer son dernier succès théâtral. La suite du banquet est ensuite une succession de discours que nous allons exposer dans l’ordre.
Le premier discours de la soirée est celui de Phèdre, car il est celui qui a eu l’idée de faire un éloge à Eros. Son éloge nous propose une conception de l’amour superficielle sur le plan philosophique maismontrant une grande aisance de la rhétorique. En effet, il faut mentionner que Phèdre est un élève des sophistes Protagoras et Lysias. Cette conception simpliste, faisant d’Eros le plus grand des dieux, source de tous les biens et bonheurs, n’est néanmoins pas à écarter en ce qu’elle expose les idées les plus communément reçues sur le sujet.
Le second discours, celui de Pausanias, amantd’Agathon, n’est en fait pas vraiment le second dans le fil de la soirée. Aristodème nous dit bien qu’il y a eu d’autres discours entre ceux de Phèdre et de Pausanias mais il ne se souvient de ce qui y fût dit (« Aristodème, ne se souvenant guère de ce qu’ils avaient dit, les passa sous silence et me raconta le discours de Pausanias »). Nous pouvons nous douter que ces discours ne furent pas d’un grandintérêt philosophique et c’est pourquoi Platon ne nous les raconte pas. Dans son discours, Pausanias développe une théorie qui distingue deux amours. D’un coté l’amour gouverné par celle qu’il appelle Aphrodite vulgaire, fille de Zeus et de Dioné, de l’autre l’amour gouverné par l’Aphrodite céleste, née d’Ouranos et de l’écume de la mer. Pour Pausanias, l’amour issue de la première sus-nommée ne mériteun éloge car il est l’amour des gens de basse condition, étrangers à l’âme et à l’intelligence, dont l’amour est brutal et charnel. Il estime que seul l’amour inspiré par Aphrodite céleste est louable. Pour lui, c’est cet amour qui inspire l’amour d’hommes murs pour de jeunes garçons. Il revendique donc un respect pour l’homosexualité, chose qu’il estime bafouée chez ceux qu’ils appellent lesbarbares. Pour lui, cette homosexualité respectable est intellectuelle et s’attache au beau.
Le troisième discours n’est pas non plus vraiment le troisième. En effet, après l’éloge de Pausanias était prévu celui d’Aristophane mais pris d’un hoquet, il ne peut accomplir sa tâche et laisse donc son tour à Eryximaque. Cette indisponibilité d’Aristophane apporte tout d’abord une dimension comique à...
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