Les elites du royaume de bourgogne ixème – xième

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2457 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 20 février 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
LES ELITES DU ROYAUME DE BOURGOGNE IXème – XIème

Etude portée sur la Bourgogne transjurane, région comprenant les diocèses de Lausanne, Sion et Genève.
Intérêt : de 864 à 1032 cette région a connu un seul et même pouvoir : c’est donc une région homogène qui a connu une situation politique économique et sociale stable.

Historiographie du royaume de Bourgogne :
L’étude historiographique duroyaume de Bourgogne est assez modeste (référence principale : Poupardin) car les sources elles-mêmes sont rares : il ne nous reste pas un seul acte du comté de Genève, pas un seul cartulaire de Lausanne ni de Sion. On possède actuellement quelques documents datant des années 980-990 car les abbayes ont en ce temps là regroupé leurs sources.
L’analyse historiographique est complexe car leshistoriens occidentaux ont longtemps sous-traité cette région qu’ils ont longtemps considéré comme périphérique de territoires plus importants : royaume de France, Germanie, Italie. S’ils se sont intéressés à la Bourgogne, ça n’a rarement été pour son histoire propre, mais plutôt pour ce qu’elle pouvait apporter à l’histoire des territoires voisins.
Les historiens allemands ont étudié la mainmise del’empire sur la Bourgogne. Ils ont étudié la « faiblesse » du roi de Bourgogne (de nombreux chroniqueurs médiévaux ont imposé cette expression de « roi faible »).
Cette idée de « roi faible » a convaincu les historiens français du manque d’intérêt de l’histoire du royaume : ils ont préféré étudier l’influence des schémas médiévaux français sur la Bourgogne.
Les historiens italiens ont abordél’histoire de la Bourgogne pour tenter d’y trouver des liens généalogiques avec l’histoire de la Savoie.
Les rares études vraiment approfondies sur l’histoire de la Bourgogne ont été réellement lancées par l’anthropologie historique allemande (école de Fribourg) sur les lignages et les parentés bourguignonnes.

I. LE DEVELOPPEMENT DE LA SEIGNEURALISATION - Exemple de la famille des Mont.

Les terresJusqu’au XIème siècle, l’organisation traditionnelle des hommes et des biens était le partage : les terres étaient dispersées entre le roi, les abbayes et les élites.
A partir du XIème siècle se met en place en Bourgogne un processus de resserrement domanial, ou concentration patrimoniale : l’instauration d’une domination des hommes et des terres sur un pôle unique et restreintgéographiquement.
La famille des Mont impose sa concentration patrimoniale sur une zone limitée de 300km².
Cette concentration se construit principalement par des échanges de biens : achats de terres, contrats en précaire de biens d’abbayes (les terres devenant au XI° de plus en plus chères, les rémunérations de précaires augmentent).
Au début du X°, ces échanges de biens n’existent alors que dans la hautearistocratie, et au niveau national. Mais dès la fin du X° et le début du XI°, cette pratique se retrouve dans des périmètres beaucoup plus restreint : on échange au niveau local, on consolide les pouvoirs géographique à petite échelle. Les hommes homogénisent leur territoire en le plaçant dans leur zone d’autorité directe.
Ex : A la suite d’une faveur royale, l’avoué Rodolphe s’installe àNeufchâtel. Il échange donc les biens qu’il possédait dans le nord de la Viennoise contre d’autres bien à Neufchâtel.
Ex : Imbert, évêque de Grenoble, offre à Manassès comte de Genève, des biens qu’il possède près du Léman contre des biens en Savoie.

Le vocabulaire
Ces transformations territoriales témoignent d’un changement de système qui se ressent également dans les actes : le vocabulaire évolue.Ainsi de nouveaux termes apparaissent : (cf. doc. 1)
« Potestas » : les clercs font maintenant la distinction entre « villa » et « potestas » : On s’inspire du terme provençal qui désigne une grande propriété détenant un pouvoir de justice (bien qu’en Provence « potestas » ne se rapporte qu’aux abbayes)
« Alleu » : les biens des puissants
« Castellum » : dans ce texte de 966, on trouve la...
tracking img