Les emprunts russes

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  • Publié le : 22 mai 2010
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En 1822, l'État russe émet en son propre nom un emprunt en France.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les tensions entre l'Allemagne et la France poussent cette dernière à chercher l'alliance avec la Russie.

En 1867, les compagnies de chemins de fer russes lancent en France un emprunt nommé « Nicolas » pour la construction de nouvelles voies en Russie, ceci étant dû à un besoin russede capitaux pour ces investissements coûteux.

Suite à la Guerre franco-allemande de 1870, la France doit verser à l'Allemagne, au titre des indemnités de guerre, cinq milliards de francs-or. Cette défaite militaire et la volonté de reconquérir l'Alsace-Lorraine incitent les gouvernements français successifs à se rapprocher de la Russie. Cette dernière est d'autant plus réceptive que leur sourceprincipale de capitaux, l'Allemagne, s'est tarie. Les Allemands investissent désormais sur leur territoire et les exportations de capitaux se font plus rares. À l'époque, la Russie est aussi considérée comme un pays très peu solvable par les autorités.

Suite à l'alliance tripartite Allemagne - Autriche-Hongrie - Italie, dite Triplice, signée en 1882, la France s'allie avec la Russie en 1892.Des emprunts d'État, des emprunts de collectivités et des emprunts liés aux compagnies de chemins de fer russes sont lancés. Ils financent la construction de dizaines de milliers de kilomètres de lignes de chemin de fer, comme le Transsibérien, le développement de nouvelles industries (chimie) et de plus anciennes (mines). Des entreprises françaises renommées investissent dans les étatssatellites de la Russie, marché d'avenir.

Pendant trente ans, le gouvernement et les médias français vont encourager les épargnants français à investir un total de près d'un tiers de l'épargne française[précision nécessaire] en Russie pour un montant d’environ 15 milliards de francs or. De 1887 à 1913, l'exportation nette de capitaux correspond à 3,5% du PNB de la France.

Les risques desolvabilité de l'État russe conduisent l'Allemagne à arrêter tout prêt à la Russie[Quand ?].

Des campagnes de publicité sont lancées par affiches et dans les journaux français (« Prêter à la Russie, c’est prêter à la France ! »), des commissions étant versées aux journaux et aux banques (Le Crédit Lyonnais, réalise 30% de ses profits avant 1914 grâce aux emprunts russes).

En 1897, le rouble serattache à l'or.

Les emprunts russes garantissent à leur détenteur une « sécurité à 100% » (soutenus par l'État français) et des performances intéressantes au regard du marché financier de l'époque. Les émissions des emprunts se sont accélérées pour ralentir au début du XXe siècle.

La répudiation des emprunts [modifier]
En 1918, un décret des Bolchéviques répudie unilatéralement l'intégralitéde ces dettes. Plus d'un million et demi de Français ayant investi dans ces emprunts.

Depuis, le gouvernement soviétique d'abord, la Fédération de Russie ensuite, considèrent cette dette comme nulle et non avenue. 316 219 porteurs français, recensés par le Trésor public en 1999[réf. nécessaire], conservent leurs titre, une part d'entre eux[Combien ?] militant sans obtenir gain de cause auprèsdes gouvernements successifs de la Russie.

Développements contemporains [modifier]
En 1996-1997, les gouvernements russe et français négocient un accord aux termes duquel chaque gouvernement s'engage à ne plus présenter à l'autre ses créances nées avant 1945, et à ne plus soutenir devant l'autre les créances de ses ressortissants nées avant 1945. Cet accord s'accompagne du versement par laRussie à la France 400 millions de dollars, soit, selon les estimations des porteurs[Qui ?] eux-mêmes, mais aussi d'observateurs indépendants[Qui ?], moins de 1% de la valeur actualisée de la dette, dont ils estiment le montant à plus de 40 milliards de dollars.

De la sorte, le gouvernement français se dégagea de l'obligation d'accorder sa protection diplomatique à ses ressortissants porteurs...
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