Les enceintes a pavillons

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Mastering
11 avr 1998 - par dbf
Un article tiré de messages sur la Mailing-Liste de macmusic.
• Historique du Mastering
• Plus de gravure, mais du PRÉ-MASTERING
• Faire son Pré-Mastering
• Au niveau du mix

Historique du Mastering

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Avant l'ère bénie du CD, on transférait nos délicieuses bandes master 1/4 ou 1/2 pouce sur des vinyls. Je rappelle au passage, et fort ému, carcela nous ramène au moyen-age, qu'avant de porter sa bande au "mastering", l'ingénieur du son d'époque passait quelques nuits blanches à nettoyer ses mix, à faire, avec le réalisateur, l'ordre des morceaux, que l'on assemblait méticuleusement sur une grande bobine avec des amorces blanches de 3 à 4 secondes entre chaque titre. Quand par malchance et à cause d'absence de Dolbys, la bande master étaitun peu trop bruyante, soufflante ou polluée, le producteur hurlait en écoutant le montage final au casque et nous imposait de remplacer toutes les amorces par de la bande ENREGISTRÉE avec un souffle équivalent à celui des mixes afin d'éviter à l'auditeur d'entendre un silence absolu entre les morceaux... Quelle époque...

Après avoir été écoutée 200 fois et enfin acceptée par la prod, la bandemaster prenait enfin le chemin (de croix...) du studio de mastering pour être transférée sur le flan original : plaque de tôle recouverte d'une couche minuscule de vinyl qu'un burin malicieux allait graver tant bien que mal. Les malheureux comme moi qui ont SUBI cette époque difficile en sont restes marqués à vie. Le graveur nous faisait un échantillon, que l'on appelait "souple" qui n'avait riende souple vu qu'il était du même métal que son jumeau de flan (j'en ai encore une centaine dans mes archives, on n'a arrête ce cauchemar qu'en 1991) et qui servait de référence par comparaison avec le premier exemplaire presse.

A titre de mémoire, je rappelle que le vinyl était grave en stéréo par un déplacement latéral du burin pour les informations de SOMME (gauche+droite) et verticalementpour les informations de DIFFÉRENCE (gauche-droite) Or, si le déplacement latéral n'était limite que par la durée du programme musical (sillons larges : minutage réduit) le déplacement vertical, lui était limité par l'épaisseur minuscule séparant la couche de vinyl de la ferraille. DONC: impossible de mettre la grosse caisse à gauche et la basse à droite impossible de mettre des informationshors-phase à un niveau moyen impossible d'avoir un niveau de DIFFÉRENCE supérieur à un niveau de SOMME impossible, impossible... un vrai cauchemar. Heureusement, des hommes acharnes et compétents, connaissant leur machine mieux que le constructeur, arrivaient à faire des miracles, et à faire les vinyls de référence que l'on écoute encore aujourd'hui avec un plaisir extrême. Mais à UNE condition: Ilfallait impérativement que la prise de son et le mixage aient été faits avec un soin et une qualité exceptionnelles pour que le résultat sur le disque soit correct. Sinon, l'homme d'art nous jetait dehors de son laboratoire en nous disant gentiment, mais fermement, d'aller apprendre notre métier d'ingénieur... "Pas possible de graver ça mon bonhomme, faut remixer..." : La honte. La déchéance devant leréalisateur qui d'un seul regard incendiaire, nous faisait comprendre qu'on était virés, grillés à vie, qu'on avait intérêt à prendre le premier vol pour le Bengla Desh.

Je n'exagère pas. Pas mal de confrères ont perdu leur réputation sur le chemin des studios de gravure. D'autres, dont j'ai fait partie, on gagne la leur par la phrase magique du graveur "Alors la, champion, ce mix, rien àtoucher, ça se grave comme du beurre" Ces graveurs la nous aimaient, parce qu'ils pouvaient améliorer notre travail et faire le leur correctement. Ils savaient que le responsable de la maison de disques ne les appellerai pas trois jours après en les insultant parce que l'échantillon presse était inaudible, à cote de la copie de bande qu'ils avaient dans leur bureau. Et puis un jour est arrive le CD....
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