Les enjeux de la bioethique

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  • Publié le : 19 juillet 2011
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LES ENJEUX DE LA BIOETHIQUE

Les pratiques médicales telles que les expérimentations sur l’homme, les greffes d’organes, l’utilisation de parties du corps humain, la procréation médicale assistée, les manipulations génétiques, le clonage thérapeutique, la recherche sur l’embryon posent des problèmes moraux inédits. Ecartelée entre principes et cas particuliers, la bioéthique tente de tranchersur des questions à la fois techniques et morales.

I. Les fondements moraux de la bioéthique

1. Les principes fondamentaux

Le risque biologique ou biorisque peut qualifier tous les dangers que des organismes vivants, allant des bactéries et virus aux prédateurs, font peser sur d’autres organismes vivants. L’hygiène, la médecine ou la chirurgie et toutes les mesures de protection sont desmoyens de lutte contre les biorisques. Mais dans le contexte moderne, la notion de biorisque se réfère à tous les dommages que l’homme, à travers les activités de nature biologique, fait peser sur d’autres hommes. La conscience aiguë de ces dommages, volontaires ou involontaires créés par le développement de ces techniques est à l’origine d’un du développement d’un souci éthique croissant.Qu’est-ce qu’un risque ? Pour un médecin comme Claude Got, spécialiste en santé publique, le risque est « une probabilité de dommage par exposition à un danger ». Le maîtriser, c’est calculer son occurrence probable. La question éthique commence à se poser lorsqu’une responsabilité humaine est évoquée : patient, médecin, industriel, politique… Par exemple, si vous fumez plus de quinze cigarettes parjour pendant dix ans, vous avez un risque sur deux de mourir d’un cancer. Mais le médecin n’est-il pas tenu de vous prévenir de ce risque, de même que le fabricant de cigarettes ?

La réflexion bioéthique a donc pour ambition d’édicter les normes de conduite à tenir face aux risques liés à des décisions humaines. Or, en matière de conduites humaines, les critères de jugement ne reposent passeulement sur l’évaluation de leurs conséquences connues ou simplement possibles mais sur quantité d’autres données : intentions de l’acteur, liberté laissée au sujet, honnêteté de l’information, acceptabilité sociale et morale d’un acte, conformité au droit, etc.

Un exemple permet de le faire comprendre. En 1997, les Etats membres du Conseil de l’Europe adoptent une convention de bioéthiquebannissant la sélection du sexe d’un embryon. Ce faisant, ils écartent la perspective inquiétante que des familles voire des nations, pour des raisons de préférence culturelle, modifient de manière importante le sexe de leur population. Cependant, ce n’est pas sur cet argument que la résolution s’appuie mais sur un principe moral, celui du « respect de la personne humaine » : être l’objet d’un choixpréalable à sa naissance constitue une atteinte à la dignité de l’homme. On se trouve donc en face d’une mesure utile à la prévention d’un danger biologique mais fondée sur de pures considérations morales.

Le souci de moraliser l’expérimentation sur l’être humain remonte au lendemain de la seconde guerre mondiale et a trouvé sa réponse dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 quibannit l’instrumentalisation de la personne humaine. Mais la bioéthique ne s’est constituée en discipline autonome que dans les années 1970 en réponse au développement de pratiques médicales posant des problèmes inédits comme la mise au point de technologies avancées telles l’assistance respiratoire, les transplantations d’organes, la contraception qui ont placé les équipes médicales devant deschoix cornéliens. Ces dernières ont donc développé une réflexion poursuivie par des spécialistes ayant pour objet de trouver des principes et des normes d’application capables de répondre à ces questions en dehors de tout cadre culturel ou religieux particulier.

La bioéthique est en principe un cadre de référence laïque, culturellement neutre et à vocation universelle. Son objet est de...
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