Les etats-unis et l'urss, deux modèles en compétition (1945 1991)

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  • Publié le : 5 novembre 2009
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LES ÉTATS-UNIS ET L'URSS, DEUX MODÈLES EN COMPÉTITION (1945 - 1991)

Introduction :
En 1945, la victoire de la Grande Alliance (États-Unis, URSS, Royaume-Uni) sur l’Allemagne nazie et le Japon laisse un monde
ruiné et déchiré. L’affaiblissement de l’Europe, déjà entamé à la fin de la Première Guerre mondiale, se confirme. Deux pays
apparaissent comme les grands vainqueurs de cette guerrepour des raisons très différentes. Les États-Unis s’installent
définitivement comme première puissance économique mondiale : leur production a doublé entre 40 et 45, et les dollars
américains ont financé l’effort de guerre allié. L’URSS semble exsangue : elle a payé le plus lourd tribut dans la lutte contre les
nazis (27 millions de morts), mais ce sacrifice, pour gagner la Grande GuerrePatriotique, lui confère un prestige immense.
Ainsi les deux Grands, dont les orientations politiques et économiques sont radicalement opposées, se retrouvent face à face,
alors que la méfiance s’installe progressivement. La guerre froide naît de la compétition entre ces deux modèles antagonistes. Il
convient donc de s’interroger sur la nature de cette opposition.
Nous verrons dans une premièrepartie le modèle libéral américain, les États-Unis se présentant comme les champions de
l’Occident. On étudiera ensuite l’URSS stalinienne, « phare du socialisme », dont le modèle évoluera suite à la mort de Staline
en 1953. Pour terminer, nous montrerons comment l’évolution interne de chacun de ces deux modèles, liée à leur affrontement,
a conduit à la disparition de l’un d’entre eux (chutefinale de l’Union soviétique en 1991).

1. Les États–Unis, champions de l’Occident :
Les États-Unis incarnent le modèle libéral, issu des Lumières, tant du point de vue politique (la démocratie) qu’économique (le
capitalisme). Si, en 1945, leur puissance économique et l’ancienneté de leurs traditions démocratiques ne peuvent être
contestées par personne, on ne doit pas perdre de vue pour autantles scories du système, entre le besoin d’un ennemi (le
Maccarthysme) et les exclus de l’« American dream ».
- Un modèle pionnier de la démocratie
 Les textes fondamentaux : La Déclaration d’indépendance (1776), triomphe des idées des Lumières : égalités des droits,
liberté politique, démocratie, résistance à l’oppression, recherche du bonheur (« pursuit of happiness »).
La constitution de1787, inchangée jusqu’à aujourd’hui, plus ancienne constitution écrite au monde, fait des États-Unis une
démocratie parlementaire dont les institutions obéissent à une subtile séparation des pouvoirs.
 Un système fédéral : Le président, élu pour quatre ans et rééligible une seule fois, dispose de pouvoirs de plus en plus
étendus pendant la guerre froide. On parle de régime présidentiel pourles États-Unis, mais la procédure d’impeachment permet
de le destituer en cas de trahison ou forfaiture (cf Nixon qui démissionnera avant d’être destitué suite au scandale du Watergate
en 1974). Le Congrès, composé de deux chambres – chambre des représentants et sénat – détient le pouvoir législatif et
contrôle donc l’action du président. L’importance des contre-pouvoirs (la presse : quatrièmepouvoir), la liberté des débats entre
les partis républicains et démocrates renforcent la démocratie. L’organisation fédérale confère une certaine marge de
manoeuvre aux États, mais l’État central (dit fédéral), dont le siège est à Washington (Maison Blanche, Capitole), dirige la
politique économique et la diplomatie.
 Un système dominé par deux partis assez peu différents : de nombreusesvaleurs sont partagées par tous les Américains
qu’ils soient démocrates ou républicains : confiance dans leurs institutions démocratiques, croyance en l’économie de marché
et vision des États-Unis comme puissance devant exporter ou défendre le modèle libéral (messianisme, « destinée
manifeste »). Les différences seraient à rechercher du côté de leurs clientèles électorales : les minorités, les...