Les expositions universelles au xixe siècle

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  • Publié le : 21 mars 2011
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SEANCE 3 : LES EXPOSITIONS UNIVERSELLES DE 1851 A 1914

Introduction :
L’intitulé du sujet,  « les expositions universelles de 1851 à 1914 » nous impose d’emblée deux contraintes : la première est celle de la définition de l’exposition universelle, et la seconde celle de la justification de telles bornes chronologiques. Selon Dominique Kalifa, les expositions universelles sont des « exhibitions commerciales, technologiques et industrielles, qui gardent leur donnée initiale de fête, dans laquelle se mêlent effectivement la vente de produits, le parc d’attraction, et le divertissement. Ce sont des formes de spectacle culturel ». Pourquoi ,alors, devons nous prendre comme point de départ l’année 1851 ? En 1851, l’exposition de Londres devient une véritable exposition universelle au sensde Diderot, en ce qu’elle dresse « un tableau général de l’esprit humain ». Dès lors, et ce, jusqu’à aujourd’hui, les expositions universelles ne cessent d’avoir lieu. Comment justifier la date de 1914 ? Il semblerait que toutes ces expositions universelles de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle puissent être regroupées, en ce qu’elles s’insèrent dans un contexte commun,qu’elles sont l’émanation d’une époque. En effet, ces faits orchestrant la période étudiée, qualifiés de « délire du XIXe siècle » par Flaubert, ne correspondent pas à des faits bruts isolés (au sens d’Hegel), mais s’inscrivent véritablement dans une représentation historique, caractérisée par le progrès économique, technique et industriel, et aussi social par le biais de l’émergence de la culture demasse. 1914 et la fin de la Belle Epoque, avec l’arrivée de la première guerre mondiale, comme nouvel enjeu primordial du monde occidental, paraissent mettre fin à une période florissante et optimiste des expositions universelles.
En quoi alors celles-ci sont-elles des lieux d’échange, mais aussi de concurrence ? Quel rôle ont-elle eu dans l’accès à la culture donné aux masses ? En quoi sont-ellesl’incarnation de la modernité de 1851 à 1914 ?
Afin d’y répondre, nous montrerons que les expositions universelles de 1851 à 1914 sont, non seulement les vitrines d’une époque, en nous attachant à prouver, par la suite, qu’elles sont également des vitrines nationales.


I.La vitrine d’une époque empreinte de modernité
A.l’exposition universelle, un fruit historique…
a.De l’expositionindustrielle…
Si l’Angleterre a été la première à entrer dans la révolution économique, dès le milieu du XVIIIe siècle, les années 1950 voient l’aboutissement du capitalisme libéral dans les grands modèles occidentaux. Progrès technique et hausse de la productivité entraînent la supplantation de l’entreprise individuelle par la « société de capitaux ». Ainsi, crédit et masse monétaire sont facilitésdans leur expansion. La production de masse, permise par le développement du réseau ferroviaire, promeut la politique industrielle du milieu du XIXe siècle. Un optimisme grisant s’empare des puissances anglaise et française, qui voient leur industrie fleurir. Ces mêmes puissances ont alors une confiance grandissante en le progrès, qu’il soit humain ou technique ; ce qui assoit leur volontéimpérialiste. Machine, travail, massification du scientifique et vulgarisation de l’éducation transforment leur mission colonisatrice en mission civilisatrice. Le progrès social semble même à portée de main pour les Saint-simoniens, comme étant la résultante de la croissance économique combinée à l’action étatique. En outre, Auguste Comte et ses thèses positivistes viennent s’ajouter à cet engouement,en ce qu’il défend la « philosophie des sciences ».
→Le contexte mondial, économique, industriel, social et intellectuel est alors propice au développement des expositions universelles. Il ne s’agit plus de se limiter à une exposition industrielle, comme celle organisée par le Directoire sur le Champs de Mars en 1798 ou encore l’exposition nationale de 1844, mais d’entreprendre de véritables...