Les fables de la fontaine

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  • Publié le : 11 octobre 2010
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Les secrets de l’immortel Nicolas Flamel, tome 2 Le Magicien Michael SCOTT

ISBN : 978-2-266-16918-9 444 pages Prix : 19 €

CHAPITRE PREMIER La vente de charité avait commencé bien après minuit, une fois le dîner de gala terminé. À presque quatre heures du matin, les enchères tiraient à leur fin. Le cadran numérique disposé derrière le célèbre commissaire-priseur – un acteur qui avait incarnéJames Bond à l’écran pendant plusieurs années – affichait un total dépassant le million d’euros. – Lot numéro deux cent dix : une paire de masques japonais de kabuki du début du e XIX siècle. Un murmure d’excitation parcourut la salle bondée. Incrustés d’éclats de jade, les masques étaient le clou de la soirée : selon les estimations, ils devraient partir à un demi-million d’euros. Le grand hommemince aux cheveux blancs et crépus coupés court debout au fond de la salle était prêt à débourser le double de cette somme. Nicolas Machiavel se tenait en retrait de la foule, les bras croisés sur la poitrine, prenant soin de ne pas froisser son smoking en soie noire taillé sur mesure. Ses yeux gris pierre balayèrent les autres enchérisseurs, les scrutèrent, les évaluèrent. Cinq sortaient du lot: deux collectionneurs privés comme lui, un membre d’une famille royale d’Europe sans importance, un acteur américain autrefois célèbre et un antiquaire canadien. Le reste de l’assistance était fatigué, avait dépensé son budget ou ne souhaitait pas acheter des masques aux expressions déroutantes. Machiavel collectionnait les masques depuis très longtemps, et il désirait acquérir cette paire afinde compléter sa série de costumes de théâtre japonais. Leur dernière mise en vente datait de 1898 ; c’était à Vienne, et ils avaient été remportés par un prince Romanov. Machiavel avait patiemment attendu son heure, sachant qu’ils réapparaîtraient sur le marché à la mort de ce prince et de ses descendants. Il savait qu’il serait encore de ce monde pour les acheter – l’un des nombreux avantages quevous apportait l’immortalité.
Text copyright © Michael Scott, 2008. Jacket Illustration copyright © Michael Wagner, 2008. © 2009, éditions Pocket Jeunesse, department d’Univers Poche, pour la présente edition.

– Pouvons-nous commencer les enchères à cent mille euros ? Machiavel leva les yeux, capta l’attention du commissaire-priseur et lui fit un signe discret. L’homme à son tour hocha latête. – Cent mille euros pour M. Machiavel, l’un des participants et sponsors les plus généreux de cette vente de charité. Des applaudissements fusèrent ; plusieurs personnes se tournèrent vers Nicolas et lui portèrent un toast. Il baissa les yeux avec modestie. – Qui pour cent dix ? Un collectionneur privé leva la main. – Cent vingt ? Le commissaire-priseur s’adressait à Machiavel, qui répondit oui.En trois petites minutes, les enchères grimpèrent à deux cent cinquante mille euros. Il ne restait plus que trois enchérisseurs sérieux en lice : Machiavel, l’acteur américain et l’antiquaire. Les fines lèvres de Machiavel esquissèrent un sourire : sa patience serait enfin récompensée, les masques lui appartiendraient. Son sourire s’effaça quand son portable vibra dans la poche de son pantalon. Uninstant, il fut tenté de l’ignorer. En effet, il avait donné à ses assistants des instructions strictes : il ne devait pas être dérangé, à moins d’une urgence absolue. Il sortit son appareil ultracompact. Une épée clignotait sur le grand écran LCD. Le sourire de Machiavel disparut complètement : il sut qu’il n’achèterait pas les masques kabuki ce siècle-ci. Il sortit de la salle à grands pas, letéléphone collé à l’oreille. Dans son dos, le marteau du commissaire-priseur heurta le socle. – Adjugé, vendu. Deux cent soixante mille euros. – C’est moi, aboya Machiavel en italien, la langue de sa jeunesse. Il y eut des crachotements sur la ligne ; puis une voix à l’accent anglais lui répondit dans la même langue. Le dialecte que son correspondant utilisait n’avait pas été entendu en Europe...
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